Tarn-et-Garonne : une mission d’enquête pour établir un état des lieux des conséquences du gel noir


16 avril 2021

La préfecture et les services de l’État du Tarn-et-Garonne, avec notamment des syndicats, des représentants de professions agricoles sinistrées, ou encore des assureurs, ont entamé ce vendredi une première mission d'enquête sur le terrain. Objectif : évaluer et constater les dommages causés par l'épisode de gel noir survenu la semaine dernière sur de très nombreuses exploitations arboricoles et viticoles. Un phénomène météo jamais vu dans le département et la région depuis 1991. Des évaluations plus précises auront lieu ensuite dans les prochaines semaines, exploitation par exploitation, pour établir des mesures d'indemnisation et remplir les dossiers de calamité agricole. Même si une estimation de l'ampleur des dégâts sera affinée dans les prochaines semaines et dans les prochains mois avec le début des récoltes, quelques premiers chiffres des pertes ont déjà pu être établis, indique Jean-Paul Rivière, le président de la Chambre d'agriculture du Tarn-et-Garonne :

Jusqu'à "100% de pertes pour des producteurs de cerises et d'abricots"

« On évalue déjà à 50% les pertes pour le raisin Chasselas. Les cultivateurs de pommes ont subi entre 30% pour ceux qui ont pu se protéger suffisamment, et 80% pour ceux qui n'ont rien pu faire. On se rapproche même des 100% pour des producteurs de cerises et d'abricots par exemple. »

Lors d'une réunion en Préfecture cette semaine autour des acteurs concernés dans le département, la question des indemnisations a été évoquée. Plusieurs demandes ont été formulées par les représentants des professions sinistrées et les syndicats, notamment pour souhaiter un déplafonnement du montant des calamités de 25 à 75% des pertes, et réclamer des besoins de trésorerie le temps du versement de ces aides. La question des secteurs agricoles non éligibles au régime de calamité a également été posée, explique Jean-Paul Rivière :

« Le problème du régime de calamité agricole, c'est que certaines espèces n'y entrent pas, notamment, toutes celles assurables comme la vigne. Certains agriculteurs se retrouvent donc démunis face à un tel épisode catastrophique : ils n'avaient pas d'assurance, car trop coûteuses avec des franchises élevées. Ce n'est pas forcément intéressant pour eux de s'assurer. Le gouvernement réfléchit donc à quelque chose pour ceux qui n'auront pas de récoltes cette année. Mais à l'avenir, il faudra bien sûr une réflexion plus large sur ces événements climatiques, et sur les espèces qui ne sont pas prises en compte par les plans de calamité. Il faudra mettre en place quelque chose, même si cela sera forcément coûteux. Ça ne peut être qu'aux agriculteurs d'assumer ces risques. »

F.P.

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