Gers : « des locaux complétement inadaptés », les représentants syndicaux de la CGT de l'EHPAD Saint-Jacques réclament une reconstruction de l'établissement de santé

23 janvier 2026 - 16:35

Les représentants du personnel de l’EHPAD Saint-Jacques tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent la vétusté de l’établissement, qui accueille près de 78 résidents. Manque de douches et d’espaces, chambres doubles ou trop petites, un bâtiment jugé « inadapté à l’accueil de personnes âgées dépendantes » et comme responsable d’une dégradation des conditions de travail. Ils réclament la reconstruction de l’EHPAD sur un nouveau site.

« C’est un établissement à bout de souffle, il devient urgent d’agir ». À l’Isle-Jourdain, trois soignantes de l’EHPAD Saint-Jacques, représentantes syndicales CGT, ont décidé de passer à l’action. Cette semaine, elles ont organisé une conférence de presse afin de « verbaliser leur colère » face à la dégradation des conditions de travail et d’accueil des résidents au sein de l’établissement où elles exercent.

Un EHPAD qui avait été le théâtre d’un incendie en août dernier, en pleine nuit. Fort heureusement, grâce à la mobilisation rapide des personnels, qui ont évacué les résidents en un temps record, le pire avait été évité. Moins d’un an après l’incendie, et malgré des « travaux » réalisés en urgence sur la partie du bâtiment endommagée, les représentantes du personnel tirent aujourd'hui l'alerte sur l’état général du bâtiment, qui accueille près de 78 résidents et emploie une soixantaine de salariés. Un établissement jugé « vieillissant » et « totalement inadapté à l’accueil de personnes âgées dépendantes ».

"Une douche pour 30 résidents, des chambres doubles", les personnels alertent sur des problématiques nombreuses et préoccupantes

La situation aujourd'hui « ne permet plus de garantir la dignité, la sécurité et la qualité de vie des résidents", alerte Valérie Kizakris, aide-soignante et secrétaire CGT au sein de l’établissement. Elle illustre ses propos par des exemples concrets : « Il n’y a qu’une seule douche pour un service de 30 résidents. Un service de neuf lits n’a pas de douche du tout. Certaines chambres doubles ne garantissent aucune intimité en fin de vie. Les chambres sont trop petites : fauteuils roulants et lits médicalisés ne passent parfois pas les portes. L’ascenseur est régulièrement en panne, avec des résidents bloqués à l’étage. Et il n’existe pas de véritables lieux de vie communs et conviviaux, y compris pour accueillir les familles », témoigne la représentante syndicale.

Des conditions difficiles pour les résidents, mais aussi pour les soignants, qui déplorent passer davantage de temps « à faire de la manutention que du soin », et dénoncent un épuisement physique et moral croissant. « On se pose une question : comment la deuxième plus grande ville du Gers ne peut pas disposer d’un EHPAD adapté aux besoins des personnes âgées de ce territoire, et digne de ce nom ? », s’interrogent-ils.

« Il y a urgence à agir »

L’avenir ? Les personnels l’espèrent au plus vite dans un établissement flambant neuf. Une reconstruction jugée « essentielle et urgente ». Alors qu’une réhabilitation sur site est une des options envisagée par la direction, la CGT estime le projet « techniquement irréalisable et financièrement déraisonnable », compte tenu de l’ancienneté de la structure. Pour les représentants du personnel, la reconstruction apparaît comme la seule solution aujourd'hui « pour garantir un accueil sécurisé, adapté et respectueux des besoins des personnes âgées dépendantes ». Un projet dans les cartons depuis plusieurs années, mais qui avance beaucoup trop lentement à leur goût. "On demande de la transparence et que ce projet avance. On ne veut pas entendre parler de réhabilitation, mais bien de reconstruction, sachant que le terrain existe. Le maire de L’Isle-Jourdain, qui soutient ce projet, a identifié un terrain de 13 000 m². Il a adressé un courrier à l’ARS et au département pour organiser une réunion en urgence afin de finaliser l’acquisition, mais à ce jour, il n’a reçu aucune réponse", indique la représentante syndicale de la CGT au sein de l'établissement. 

L’ARS exprime sa position

Contacté par notre rédaction, Didier Pier Florentin, directeur départemental de l’Agence régionale de santé, a tenu à réagir sur ce dossier : 

« L’ARS est convaincue de la nécessité de concevoir, pour le bassin de population de la Gascogne Toulousaine, un établissement apportant des réponses adaptées aux personnes âgées et à leurs aidants. C’est pourquoi l’ARS a accompagné financièrement l’établissement pour ce projet, à hauteur de 2,5 millions d’euros.

À ce jour, quelle que soit la solution retenue, l’ARS reste dans l’attente d’un projet financièrement soutenable par l’établissement. Plusieurs réunions se sont déjà tenues et des échanges nourris ont eu lieu lors des conseils d’administration.

Si un terrain est à vendre à un établissement, il lui appartient de l’acheter dès lors qu’il répond à ses besoins. L’ARS n’a pas à autoriser cet achat : seul le conseil d’administration de l’établissement est compétent pour le faire. »

En pleine campagne municipale, le sujet du devenir de l'EHPAD Saint-Jacques de l'Isle-Jourdain devient un enjeu majeur de campagne dans la 2e plus grande ville du département. La CGT indique attendre un positionnement concret des autorités de tutelle afin de connaitre leur positionnement sur le projet de reconstruction de l'établissement.

E.R

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