La colère sociale ne retombe pas dans le Sud-Ouest. Ce jeudi 5 novembre, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel de l'intersyndicale dans les rues de Tarbes, Agen et Montauban. Salaires, pouvoir d'achat, défense des services publics et conditions de travail : les revendications étaient nombreuses, mais un même sentiment dominait dans les cortèges, celui de ne plus parvenir à vivre dignement et de ne pas être entendus.
« Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là, on n'en veut pas ! » À Tarbes, le slogan a résonné dans les rues dès le début de la matinée. Entre 3 000 et 4 000 personnes ont défilé selon les estimations communiquées, dans un cortège qui s'est déroulé dans le calme. La colère, elle, était bien présente.
À Agen, la mobilisation a également rassemblé du monde. Entre 1 500 personnes selon la police et 2 500 à 3 000 selon les syndicats ont participé au défilé, parti de l'esplanade du Gravier vers 11 heures. Le cortège, appelé par la CGT, la CFDT, FO, la FSU et l'Unsa, a traversé le centre-ville avant de rejoindre la place Jasmin. Aucun débordement n'a été signalé.
À Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, environ 2 000 personnes ont également battu le pavé. Le cortège s'est élancé de la place Lalaque, dans le quartier Villebourbon, avant de rejoindre la préfecture. Une mobilisation marquée par la contestation de l'interdiction de manifester dans une partie de l'hypercentre, décidée par arrêté préfectoral.
Pour les manifestants, cette restriction constitue une atteinte à la liberté d'expression du mouvement social. Malgré les contraintes imposées au parcours, la mobilisation s'est déroulée dans une ambiance plutôt conviviale. Des lycéens, des retraités et de nombreux salariés ont rejoint le cortège.
Une colère commune, des attentes toujours fortes
À travers ces trois villes du Sud-Ouest, les mêmes préoccupations se sont exprimées : la perte de pouvoir d'achat, les rémunérations jugées insuffisantes, les conditions de travail et la dégradation des services publics, notamment dans la santé et l'éducation.
Au-delà des chiffres de participation et des revendications propres à chaque profession, ces mobilisations témoignent d'un malaise social persistant. Des salariés aux retraités, des étudiants aux agents du service public, tous dénoncent des conditions de vie qui se dégradent et réclament davantage de justice sociale.
Un message commun qui s'est fait entendre dans les rues de Tarbes, Agen et Montauban, avec une même interrogation en toile de fond : comment continuer à vivre dignement lorsque les salaires ne suivent plus le coût de la vie ?
Rédaction