Jeune et au féminin : le futsal comme option hivernale pour le ballon rond gersois

03 février 2026 - 17:15

Alors que l'équipe de France brille sur les terrains de l'Euro de Futsal en Slovénie avec une qualification pour les demi-finales, la discipline peine à prendre son envol dans le Gers. Considérée comme une pratique hivernale complémentaire au football, le futsal est surtout utilisé comme moyen de développement chez les jeunes et les séniors féminines.

Quasiment égal du football au Portugal, où le championnat domestique attire des fans aussi passionnés qu'autour des terrains en herbe, le futsal peine à prendre attache dans l'Hexagone. Les résultats récents en hausse des Bleus, pour la première fois demi-finalistes de l'Euro qui se dispute en ce moment en Slovénie, auront peut-être un effet bénéfique pour le sport dans les prochains mois. Dans le Gers, le manque de disponibilité des infrastructures et une demande encore timide cantonnent la discipline au rôle de complément hivernal à la pratique du football en herbe pour les footballeurs en herbe.

« Le seul bémol c'est qu'il faut trouver des salles »

« C'est une demande de la fédération de mettre en place différentes pratiques, dont le futsal » explique Christophe Marouat, conseiller départemental au district du Gers. « Et puis ça diversifie un peu la routine des plateaux du foot en herbe » avance celui qui organise les compétitions départementales de futsal des catégories jeunes depuis près de vingt ans. Tous les hivers près d'un millier de matchs sont disputés de novembre à mars par les jeunes âgés de six à treize ans, mais aucun championnat n'existe à proprement parler. Le futsal, un simple pis-aller face aux conditions météo peu propices aux sorties ? « Je pense que c'est un bon complément sur le plan technique et athlétique » tempère Christophe Marouat.

Moins d'espaces, plus de mouvements et une maitrise technique à parfaire, la discipline offre à des jeunes en formation l'occasion de préparer habilement le retour des bourgeons et du gazon béni. Plus de mouvement requis aussi pour mettre la main et le pied sur des terrains disponibles au cœur de l'hiver. « Le seul bémol c'est qu'il faut trouver des salles, s'entendre avec les associations. Ca se passe plutôt bien même s'il y a quelques couacs de temps en temps » reconnaît le dirigeant, conscient du manque de structures indoor dans le département. Des déplacements pas forcément bien perçus de tous, mais globalement bien accueillis par les joueurs. « Je pense qu'ils y trouvent leur compte parce que quitte à ne pas jouer autant aller pratiquer sur du futsal ».

« Les filles y ont pris goût »

Les jeunes – garçons et filles – comme les féminines séniors, ne sont en effet pas prioritaires sur l'utilisation des terrains extérieurs. « Il peut y avoir pas mal de week-end de pluie foutus en l'air » grimace Audrey Carmaran, la responsable des compétitions féminines au District. D'où l'intérêt de développer des rassemblements en salle. Il y en avait un seul ces dernières années, il y en aura deux cet hiver. Le premier, à Mirande, s'est tenu début janvier, le second aura lieu fin février à Lombez avec la majorité des clubs féminins du département (ils sont sept) ainsi que Lannemezan et deux équipes haut-garonnaises. « Les filles y ont pris goût et ont souhaité garder ce fonctionnement » explique Audrey Carmaran, dont la gestion au plus proche des intérêts des clubs, encore peu nombreux, favorise ce genre d'initiatives.

L'intérêt croissant pour cette version du foot jouée à cinq et sans crampons reste toutefois marqué par une certaine dichotomie selon la représentante du district. « Les jeunes sont avides du futsal parce qu'elles peuvent pallier leur technique avec le côté physique, il y a beaucoup d'aller-retours. Mais vous avez une bonne majorité de séniors de plus d'une trentaine d'années qui ont peur des blessures parce que c'est un peu plus dynamique. Les appuis en salle sont plus durs donc vous pouvez avoir beaucoup plus de traumatismes articulaires que sur les terrains ». Le reflet de la population féminine gersoise du ballon rond, avec un « gros creux » des joueuses en milieu de vingtaine, « dans leurs études ou leur construction de vie ». La construction du football gascon au féminin passera lui peut-être par la salle.

V.M

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