Agen : CGT et FO déposent plainte contre UPSA


29 avril 2021

La CGT, FO, la compagne de Frédéric Roblot, ainsi que la famille de Létizia Storti ont conjointement porté plainte cette semaine contre le laboratoire pharmaceutique agenais UPSA. La CGT dépose plainte avec la compagne de Frédéric Roblot pour homicide involontaire, discrimination syndicale, harcèlement moral, et mise en danger de la vie d'autrui. Frédéric Roblot, salarié d'UPSA et délégué CGT, a mis fin à ses jours en octobre dernier en laissant une lettre où il met en cause l'entreprise. Une première plainte avait déjà été déposée dans la foulée par sa compagne. De son côté, FO s'est joint à la plainte de la famille Létizia Storti pour harcèlement, blessures involontaires et manquement à la législation du travail pour saisir directement la procureur. En mars dernier, cette salariée avait fait une tentative de suicide sur son lieu de travail, laissant également une lettre mettant en cause son employeur.

Dans un communiqué publié mardi soir, la CGT a dénoncé une enquête qui piétinait suite au suicide de Frédéric Roblot, sans qu'une audition n'ait encore eu lieu malgré le dépôt d'une première plainte. « Il faut que la justice prenne au sérieux les alertes des représentants du personnel qui sont presque toujours classées sans suite », a écrit le syndicat. Pour la CGT et FO, la justice aurait dû s'autosaisir des deux affaires après les faits, notamment pour Létizia Storti, malgré un appel de son fils à la procureure « resté sans réponse ». Bruno Bourthol, délégué FO à UPSA :

« Dans n'importe quel cas, 1 mort et 2 blessés graves, je pense que la justice se saisirait automatiquement. Et nous n'aurions pas ces atermoiements depuis plusieurs mois. Or là, ils ne se sont pas saisis dès le départ. Les entreprises ne sont pas des zones de non-droit. Nous ne demandons pas quelque chose de plus fort que ce que dit la loi. Mais pour cela, il faut que les faits soient avérés. Or là, on laisse du temps et on a peur que même si on arrive à collecter des preuves, c'est qu'il y ait une déperdition des témoignages.

On a une inspectrice du travail qui travaille sur les deux dossiers. Mais c'est quand même un peu juste au vu de l'envergure des affaires. Cela aurait été bien que le procureur nomme un juge d'instruction de façon à pouvoir développer l'affaire et entendre au moins les témoins. L'inspectrice du travail convoque, mais les gens ne sont pas obligés de venir. Alors que si c'est la gendarmerie, cela est différent. »

Suite à ces dépôts de plainte et au communiqué publié par la CGT, la procureur de la République d'Agen a indiqué qu'une enquête « active » est en cours concernant la première plainte du dossier de Frédéric Roublot auprès de la gendarmerie et de l'inspection du travail. La procureure précise également que les plaintes reçues cette semaine sont en train d'être traitées.

Publiée par UD CGT 47 sur Mardi 27 avril 2021

F.P.

Crédit photo : Google StreetView

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