UPSA Agen : l'actionnariat japonais lancera une mission d'expertise du malaise social


26 mars 2021

Le climat social est toujours tendu à UPSA après la tentative de suicide de Laëticia. Cette salariée, membre de Force Ouvrière, s'est jetée mercredi depuis le troisième étage du site agenais, avec sur elle une lettre mettant en cause l'entreprise. Elle est depuis hospitalisée à Bordeaux. Ce jeudi, lors d'une réunion prévue depuis plusieurs semaines, les délégués syndicaux ont rencontré par visioconférence les représentants de l'entreprise actionnaire japonaise Taisho, ainsi que le nouveau PDG par intérim d'UPSA, Yun Kuroda [après le départ de François Duplaix le 15 mars dernier]. Lors de cette réunion, Bruno Bourthol, délégué Force Ouvrière à UPSA, a voulu alerter le dirigeant sur le malaise actuel qui règne dans l'entreprise :

« En six mois, on a eu quand même un suicide de notre secrétaire de CSE qui décédé. Et en une semaine, les tentatives de suicide de deux salariés. On lui a demandé d'intervenir, qu'il y ait une analyse des choses, et que tout cela s'arrête tout simplement. Le climat n'est pas sain, et beaucoup de salariés sont en risques psycho-sociaux. »

En réponse, le PDG japonais par intérim, Yun Kuroda, a promis hier qu'il dépêcherait prochainement sur place un cadre de l'actionnaire Taisho. Ce dernier effectuera pendant 3 semaines une expertise des ressources humaines de l'entreprise agenaise pour analyser la situation. Cette visioconférence précédait une réunion du Comité Social et Économique (CSE) du site lot-et-garonnais d'UPSA à laquelle les trois cadres de la direction ont fait valoir leur droit de retrait. Depuis plusieurs mois, de nombreux salariés de l'entreprise font part leur mal-être, explique Bruno Bourthol :

« Le cadre qui a tenté de suicider le week-end dernier, je l'ai eu au téléphone. Il essaye de monter une procédure pour que l'entreprise le licencie, car il ne veut plus travailler à UPSA. J'ai beaucoup de salariés qui font part de leur mal-être. Il y a une baisse d’activité dans l'entreprise, mais cela n'explique pas tout. Il faut qu'à un moment, on se pose, et que l'on se pose les bonnes questions. Le problème, c'est que jusqu'à présent, la direction essaye de mettre des choses en place, mais plus pour se défendre que pour éviter les écueils.

Une entreprise, si elle est humaine, doit faire attention aux gens. Et quand les gens ne vont pas bien, ça doit sortir, ça doit se voir. Là ce n'est pas forcément le cas, donc à un moment, il y a des gens qui ne se font pas les relais du mal-être dans l'entreprise. »

F.P.

Crédit photo : Google Street View

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