Rugby : un joueur de Lombez-Samatan appelé en sélection


27 avril 2021
C'est une nouvelle à laquelle Alexandre Raynier ne s'attendait pas vraiment. À 27 ans, le talonneur du LSC a été appelé par la sélection belge pour affronter les Pays-Bas, le 29 mai. Un rêve de gosse pour ce natif de l'Aude qui n'aurait jamais cru quitter un jour sa terre de Castelnaudary, là où ses deux frères évoluent encore. Arrivé en 2017 dans le Gers, le technicien agricole a pu compter sur une autre personnalité connue du rugby gersois pour intégrer la sélection, Laurent Dossat, entraîneur des avants.
 
C'est une surprise cette sélection ?
Une vraie surprise, oui. J'espère jouer le match contre les Pays-Bas mais on est trois talonneurs en concurrence. Je pense que je serai dans le groupe pour cette aventure énorme, à laquelle je ne m'y attendais pas. La sélection, ça reste une ambiance top. Et puis au-delà de l'enjeu, il y a un vrai objectif personnel puisque je n'ai pas joué cette saison avec mon club, suite à l'annulation des compétitions par le gouvernement.
 
Que vaut la sélection belge ?
Elle a des ambitions. L'objectif est de se qualifier pour la Coupe du monde. On évolue dans le tournoi B mais la Belgique commence vraiment à se structurer. Il y a quelques professionnels dans l'équipe qui jouent en Pro D2, un autre en Top 14. C'est une nouvelle dynamique, avec un rugby très propre, il n'y a jamais de bagarre. Une culture du jeu, d'un sport de combat mais pas de guerre.
 
Cette une réelle ambition de jouer la Coupe du monde ?
On a un groupe sur Facebook : Black Devils, en route vers 2023. L'objectif est là, ce serait une première pour le pays. Je pense que c'est faisable, moi je ne suis qu'un petit dans le groupe. L'équipe a déjà battu la Russie, l'Espagne ou encore la Roumanie. Ce n'est pas rien.
 
Concernant vos origines, disons que vous avez plus l'accent du sud-ouest que belge. D'où viennent ces racines ?
Ma mère est Belge. C'est de là que vient ma sélection. Ma famille en Belgique a parlé de moi et j'avais rencontré des types à Tyrosse. Ils ont évoqué mon cas au sélectionneur.
 
Le football fait partie de la culture des Belges. Qu'en est-il du rugby ?
Aujourd'hui, de ce que j'en sais, le rugby belge a une bonne image dans le pays. Il y a un championnat qui grandit. Mais de toute façon, si on veut que le rugby prenne une place ici, il faut faire des résultats avec la sélection.
 
Comment s'est déroulée l'annonce de ta convocation ?
Ils m'ont appelé pour un stage en décembre. Ils m'ont dit de venir et tout s'est bien passé. Puis j'ai reçu cette convocation et on est partis dans les Landes. La Covid fait qu'on a pas pu se déplacer en Roumanie, on a donc eu un forfait, c'est pour ça qu'on est derniers du tournoi. Si on perd face aux Pays-Bas, on descend. Donc on se concentre sur ce match et les deuxièmes ne sont qu'à 9 points, il nous restera 5 matchs à jouer. Il faut se donner tous les moyens. En tous cas, dans cette période de crise, ça m'a mis du baume au cœur d'être sélectionné avec les Diables Noirs.
 
Vous n'avez que très peu joué cette saison avec le LSC. C'est difficile pour les organismes ?
Il y a des joueurs qui continuent à jouer. Certains ont eu l'autorisation pour s’entraîner ensemble en sélection. Ils ont un suivi physique. C'est un effort qui nous est demandé individuellement pour nous préparer, mais tous les joueurs sont motivés. C'est ce qui me permet tous les jours d'aller courir. Donc au niveau des organismes, ça tient.
 
Vos collègues vous ont chambré à Samatan ?
(Rires)J'ai subi quelques moqueries. « Comment t'es Belge toi ? » Je suis un paysan de l'Aude, alors ils me chambrent. Ça fait partie du jeu. Mais le club de Lombez était très heureux. Je suis fier d'être sélectionné.
 
D'autres sont sélectionnés en équipe nationale au LSC ?
Il y a Johan Bensalla, international Algérien.
 
Comment va le groupe du LSC, quelle est l'ambiance ?
Je ne pensais jamais quitter Castelnaudary mais j'ai été très bien accueilli dans ce club, une équipe avec des valeurs et une belle ambiance. Je pense y rester. Ce qui fait de la peine, ce sont les joueurs qui vont arrêter leur carrière. Vincent Cortes par exemple, c'est déchirant puisqu'il voulait faire une dernière saison pour aider l'effectif mais la Covid en a décidé autrement. Dans le club, les bénévoles et supporters sont aussi désabusés. On vit beaucoup sur les recettes des matchs, c'est un gros manque à gagner, on se pose aussi des questions sur les sponsors. L'an dernier, le club avait demandé de faire un effort sur les salaires, l'immense majorité des joueurs l'avait accepté.
 
N.M

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