Pascal Claverie a remporté le second tour des élections municipales ce dimanche avec 38,85% des voix. La liste de l'ancien premier adjoint au maire fusionnée avec celle du centriste Pierre Lagonnelle a devancé le candidat RN Eric Peyrègne (35,71% des voix), pourtant en tête au premier tour, suivi du candidat divers droite Michel Garnier (25,45%). Pascal Claverie et ses colistiers occuperont 21 sièges communautaires. Cinq sièges sont attribués à la liste d'Eric Peyrègne et trois à celle de Michel Garnier. Pour la première fois, la gauche ne sera pas représentée, le candidat PS Kévin Gracia s'étant retiré de la course avant le second tour. Un paysage politique que Pascal Claverie doit désormais selon lui « réparer ». Il fait aussi le point sur les axes principaux de son programme pour Tarbes. Entretien.
Commençons par ces élections et l'intérêt de l'alliance que vous avez formé avec l'autre liste divers centre qualifiée au second tour.
Il s'en est fallu de peu, si je n'avais pas fait l'alliance, que le Rassemblement national prenne les clés de la ville. Ils ont fait un score insolent. Pierre Lagonelle et moi, nos programmes peuvent différer sur la méthode mais nous avons les mêmes objectifs. C'est-à-dire redynamiser la ville, unir la population, y amener les choses qu'elle attend notamment sur les problèmes de sécurité, la santé et l'habitat. Que les gens trouvent un emploi qualifié avec des emplois industriels et que les jeunes puissent faire leur vie ici plutôt que de partir, vers les métropoles le plus souvent.
Je dois maintenant réparer la fracture qui existe dans la population, unir la population. Ils ont un maire qui est un maire de toutes les tarbaises et tous les tarbais.
Parmi les enjeux principaux à adresser à Tarbes : celui de la sécurité...
Il y a des problèmes de sécurité sur la Place de Verdun, également l'Arsenal, alors nous allons prendre des dispositions en concertation avec l'Etat. On va sécuriser et mettre un poste de police municipale Place de Verdun, voir si on peut réaliser l'opération du commissariat commun de police nationale et de police municipale. En attendant, des mesures rapides. Concernant l'Arsenal, entre les bâtiments qui ont été vendus souvent les passages sont privés. Je vais demander aux propriétaires de déverser leurs parcelles privées, où l'on ne peut pas faire la police, dans le domaine public. Et puis je vais mettre des caméras et des policiers à pied sur ces zones-là et doubler les moyens de nuit.
Autre enjeu majeur : la santé, que ce soit l'accès aux soins ou le projet du futur hôpital, comment vous positionnez-vous ?
S'agissant de l'hôpital, le permis de construire a été déposé. La contribution de l'Etat à hauteur de 210 millions d'euros est fixée mais on ne connaît pas encore le plan de financement. Surtout, moi ce que j'ai entendu c'est que le bassin tarbais compte 80 000 habitants ce sont les deux tiers des habitants de l'agglomération et ils voudraient garder leur hôpital à Tarbes. Et je dis ceci : le maire de Tarbes doit s'intéresser à ce dossier mais d'un autre côté, nous avons une autorité de tutelle et c'est l'Etat qui en décidera à la fin. En parlant de santé, il y a actuellement 4 000 tarbaises et tarbais qui n'ont pas de médecin référent. Je dois m'attacher à recréer les conditions pour que ces habitants retrouvent un médecin traitant. J'y travaille et je pense pouvoir parvenir à un résultat à brève échéance.
La ville de Tarbes qui perd aussi des commerces, des emplois...
La ville doit retrouver son attractivité. Avec des places végétalisées, du stationnement qui sera offert pour faire venir des clients en ville. Mais surtout l'alpha et l'omega, je suis industriel. Nous avons eu une déprise industrielle autour de l'année 2006, nous avons perdu plusieurs milliers d'emplois. Je veux recréer ces emplois en quatre filières : la défense, l'aéronautique, la céramique et le ferroviaire. Pour que les tarbaises et les tarbais retrouvent des emplois bien rémunérés et que les jeunes puissent s'épanouir dans notre ville. Le premier travail que je dois faire c'est aller au devant des investisseurs et des pouvoirs publics pour recréer ces emplois, parce que la ville vacille. C'est déjà le cas avec les Forges de Tarbes qui vont construire une nouvelle usine.
Vous prévoyez aussi la baisse de 10% du taux des impôts locaux, de quelle manière allez-vous y parvenir ?
Quelques fois on peut se dire que c'est 10% des ressources de la commune, non. Il y a toutes sortes de ressources, la commune c'est 97 million d'euros et 34 millions d'euros de taxe foncière. Sur la durée du mandat je vais baisser le taux de 10%. C'est une manière de dire que la dernière année, c'est une réduction de 3,4 millions de recettes de taxe foncière.
Sur la composition du conseil municipal et l'absence de la gauche, comment comptez-vous naviguer les différentes opinions ?
Toutes les opinions et toutes les diversités doivent être prises en compte. J'y veillerai scrupuleusement.
N.B
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