Motards en colère du Gers : « La motophobie s'installe dans le pays »


23 avril 2021

Ils sont vent debout contre la mise en place d'un contrôle technique obligatoire imaginé par l’Union Européenne. Une directive imposant dès 2022 la mise en place d’un contrôle technique pour l’ensemble des motos et scooters à deux ou trois roues, à l’image de ce qui se fait déjà pour les voitures et les utilitaires légers. La Fédération Française des Motards en Colère du Gers (FFMC 32) compte exprimer samedi à Pau -avec d'autres fédérations de la région- son hostilité à l'instauration de ce contrôle technique obligatoire. Bruno Laumenerch, coordinateur de l'association, n'y voit aucun utilité.

Qu'est-ce qui coince dans cette mesure ?

Disons qu'au moins, cette idée de réforme a la faculté d'avoir mobilisé l'ensemble des motards français. On occupe le terrain en permanence car cette mesure est un serpent de mer. Il faut savoir que cette mise en place du contrôle technique obligatoire réapparaît régulièrement depuis les années 2000. On prouve pourtant qu'il n'y a pas d'utilité à le rendre obligatoire. Les dernières investigations que nous avons menées confirme la manœuvre des lobbying au niveau européen pour l'imposer. Le rapport MAIDS réalisé sur 5 pays européens concernant l’accidentologie des motards a prouvé que l'état des motos ne rentrait en cause que dans 0,7% des cas d'accidents. Le reste, l'état de moto n'est pas à mettre en cause. La FMMC juge que le motard est capable de vérifier l'état de sa moto, c'est enseigné à l'épreuve du permis de conduire. On sait le faire. C'est surtout une manœuvre économique réalisée sur plusieurs millions de motos en Europe avec une manne financière énorme. Certains députés ne sont pas dupes et montent au créneau. Sans compter les patrons des centres autos qui savent qu'ils vont devoir investir dans du matériel sans savoir si ça va être mis en place.

Beaucoup de motards évoquent ces dernières semaines le terme de « motophobie ». Vous vous sentez discriminés?

Oui. Il y a une ambiance de motophobie qui s'installe dans le pays. On le vit quand on se déplace. Tout ça est véhiculé par des clips de la sécurité routière qui nous fait passer pour des fous dangereux, avec cette focalisation sur la vitesse alors qu'en réalité on respecte autant que les autres. Dès que les gens nous connaissaient d'un peu plus près, il voient qu'on partage la route comme les autres. Les cyclistes sont victimes eux-mêmes d’accidents et vivent notre fragilité sur deux-roues. Ils doivent rejoindre notre combat.

Le président du Gers a récemment évoqué le retour des 90km/h sur 10% du réseau routier gersois. La mise en place des 80 km/h avait valu une impressionnante mobilisation des motards. C'est suffisant ?

On a beaucoup manifesté pendant plus de 6 mois. C'était peine perdue car le Premier ministre avait déjà jeté les dés. Maintenant qu'il a donné l'autorisation aux directions de départements, on a un résultat encore plus incohérent. Peu importe la route qu'on prend, ce ne sera pas la même vitesse, il n'y a aucune cohérence, c'est une mesure qui ne sert à rien. Cette annonce ne fait que rendre un peu plus floue les limitations. Il y a un tas de choses avant de morceler un territoire.

Précision : Le départ pour la manifestation vers Pau se tiendra à deux endroits du Gers, Condom à 9h30 et Auch à 10h30. Après une escale à Tarbes, la fédération rejoindra Pau pour 13 heures.

N.M

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