Lot-et-Garonne : mobilisation des accompagnants d’élèves handicapés (AESH)


07 avril 2021

Après les surveillants des collèges et des lycées (AED) en janvier dernier, c'est au tour d'une autre profession de l’Éducation Nationale, se mobilisant rarement, de se rassembler un peu partout en France et de faire grève ce jeudi à l'appel d'une intersyndicale. Il s'agit des Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH). C'est une première. Près de 600 d'entre eux travaillent dans les écoles, collèges et lycées du Lot-et-Garonne pour accompagner ces enfants dans leur scolarité. Plusieurs syndicats veulent alerter sur la situation des AESH, une profession principalement exercée par la gente féminine. Ils réclament un meilleur statut, et de meilleurs conditions pour ces accompagnants, dont bon nombre travaillent avec des contrats à durée déterminée durant leurs premières années, déplore Sandrine Tastayre du SNUIpp-FSU 47 :

De nombreux contrats à mi-temps

« A la fois il y a cette précarité du statut, et puis il y a aussi une précarité économique. Ce sont des personnes qui touchent pour beaucoup dans les 700 euros par mois. A cette somme-là, on ne vit pas. Quasiment toutes les personnes AESH sont sur des contrats à mi-temps (une vingtaine d'heures). Leurs contrats sont calés sur les heures scolaires sans prendre en compte l'environnement périscolaire (accueil du matin, du soir, cantine, aide aux devoirs, etc.). Là, l’Éducation Nationale les renvoie sur une possibilité, pas une obligation, d'être embauchés par les collectivités. »

Les syndicats dénoncent également les conditions d'exercice du métier avec la mise en place en 2019 des Pial (Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés) qui affectent les AESH par secteurs géographiques, explique Sandrine Tastayre :

« Il y a un partage des AESH entre plusieurs enfants. On lui demande de naviguer entre deux et trois élèves. Par exemple sur une journée, elle peut passer deux heures avec un enfant scolarisé en CP, puis deux heures avec un CM2 dans l'école d'à côté, et après éventuellement suivre un élève de troisième dans un collège. Le ministère avec ce système explique que plus d'élèves sont inclus dans le dispositif et reçoivent l'aide d'un AESH. Mais le problème, c'est que l'élève ne bénéficie souvent pas d'un accompagnement à temps plein. C'est donc des conditions difficiles pour l'enfant lui-même, mais également pour ses camarades et l'enseignant. »

Cette question sera notamment évoquée ce jeudi à 17 heures lors d'une rencontre entre une délégation et le DASEN du Lot-et-Garonne, Patrice Lemoine. Un rassemblement à l'initiative d'une intersyndicale (FSU, CGT, FNEC-FP-FO, SNALC, SNCL-FAEN et SUD) est par ailleurs prévu plus tôt dans l'après-midi à 13 heures devant les locaux départementaux de l'Académie à Agen.

F.P.

Crédit photo : Académie de Dijon

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