Le 1er mai menacé : la CGT du Gers interpelle les députés

20 janvier 2026 - 18:40

L’Union départementale CGT du Gers appelle les députés locaux à voter contre une proposition de loi qui permettrait à certains secteurs de travailler le 1er mai, jour traditionnellement férié et chômé. Dans une lettre ouverte, le syndicat dénonce un risque de déréglementation du temps de travail et un avantage indu pour les grandes enseignes.

Dans une lettre ouverte adressée aux députés du Gers, la CGT s’inquiète de la prochaine discussion à l’Assemblée nationale, ce jeudi, d’une proposition de loi visant à élargir les dérogations au travail le 1er mai. Selon le syndicat, cette mesure initialement portée par des sénateurs centristes et adoptée par le Sénat, remettrait en cause le statut du 1er mai comme seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré dans le Code du travail. Le texte prévoit d’autoriser l’ouverture de commerces de bouche, supermarchés, fleuristes et établissements culturels, ce qui pourrait concerner des centaines de milliers de salariés. Pour la CGT, cette extension des dérogations s’apparente à une « loi pour favoriser Interflora, Carrefour ou Marie Blachère », au détriment des petits commerces de proximité déjà protégés par la législation actuelle.

Le syndicat rappelle par ailleurs l’histoire du 1er mai, née des luttes ouvrières pour la journée de huit heures et marquée par des événements tragiques comme la fusillade de Fourmies en 1891. Selon la CGT, l’argument de « sécurisation juridique » avancé par les promoteurs du texte ne tient pas, et la promesse de volontariat et de majorations salariales ne suffira pas à protéger les salariés d’une généralisation progressive du travail le jour de la fête du travail.

Fabrice Lamarque, secrétaire général de l’Union départementale, conclut sa lettre en appelant les députés gersois à voter contre cette proposition : « Vous n’avez pas été élus pour nous voler du temps de repos bien mérité », écrit-il.

N.M

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