La CGT du Gers lance un projet pour relancer la ligne Auch-Agen, les politiques du tracé appelés au dialogue


10 juin 2021
Un rassemblement est prévu devant la gare d'Auch pour la défense du service public ferroviaire et la réouverture de la ligne Auch-Agen au fret et au transport de voyageurs, ce matin. Les syndicats CGT cheminots du Gers, Lot-et-Garonne et l'UD CGT du Gers seront présents au rassemblement, fixé ce jeudi à 10h30. Le dernier transport de passagers entre les deux communes remonte à 1970. Eric Cantarutti, secrétaire départemental de la CGT du Gers, y croit dur comme fer.
 
 
 
La CGT milite pour le retour d'une ligne Auch-Agen. Du fret au transport de passagers ?
C'est un vrai projet qu'est celui de la réouverture de la ligne entre Auch et Agen, totalement cohérent dans le désenclavement du Gers. On parle beaucoup de la deux fois deux voies, mais on a déjà beaucoup de retard sur ce point. La ligne Auch-Agen viendrait offrir la possibilité d'entrer et sortir du Gers plus facilement, que ce soit pour le transport de passagers mais aussi de marchandises. Un coût total qui avoisinerait les 100 millions d'euros.
 
On parle souvent de s'ouvrir à Toulouse. Agen reste aussi un bassin économique sur lequel se diriger?
Complètement. Notamment pour les céréaliers, pour ne citer qu'eux. Et puis ça donne aussi la possibilité aux Bordelais et Parisiens d'arriver plus facilement dans notre département.
 
Il faut un temps considérable pour relier Auch à Agen pour l'instant, puisque seul un bus fait la liaison sur une route jugée souvent accidentogène.
C'est quelque chose de l'ordre de l'évidence, du progrès social. Il faut actuellement 1h42 pour relier les deux communes. Avec une liaison ferroviaire, on mettrait 50 minutes, arrêts compris.
 
Les dessertes permettraient aussi de désenclaver les habitants de petites bourgades.
De la mobilité. Ils pourrait y avoir aussi un transport tourné vers la jeunesse, l'ensemble des étudiants ne doit pas être cantonné que sur le périphérique de Toulouse. On a rencontré la communauté de communes pour en discuter, elle voit arriver ce projet de façon intéressante mais a déjà fait des frais importants pour la modernisation de la ligne entre Tours et Bordeaux. L’État a obligé les communautés de communes à contribuer à des prêts pour financer le projet.
 
Combien d'emplois pourraient être créés ?
Il n'y a pas d'études pour l'instant sur le sujet. Mais un désenclavement peut devenir très intéressant pour l'économique agroalimentaire dont on dispose.
 
Le projet a été souvent cité par certains politiques. Pourquoi n'a t-il jamais été retenu ?
Peut-être pas assez « bankable ». Les politiques se tournent plus vite vers des questions sécuritaires, matraquées par les grands médias. Peu se tournent vers ce qui serait vraiment utile dans son territoire. On invite ce matin les politiques concernés par le tracé. Il faut du courage politique pour aller au bout, et la présidente de région mise sur la réouverture de lignes ferroviaires. Pourquoi elle nous oublierait ?
 
Les cheminots du 47, quel avis portent-ils ?
Ils ont un bon argumentaire en terme de chiffres, de coûts d'entretien et du nombre d’emplois potentiellement créés. Le rail existe depuis toujours et sont tracé aussi. On veut une transformation de la société avec un renforcement de l''environnement. Le rail porte cette question.
N.M
 

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