L214 diffuse ce jeudi une enquête sur une salle de gavage du Gers

24 février 2022 à 10h20

A quelques jours de l’ouverture du Salon international de l'agriculture à Paris, l'association de défense des animaux L214 publie une série de 5 épisodes cette semaine sur les problématiques liées à l'élevage intensif. Ce jeudi, les regards seront tournés vers une exploitation de l'Isle-Bouzon dans le Gers. Les candidats aux élections présidentielles sont invités par l'association à se pencher sur la question du bien-être animal.

Question de timing. A quelques jours de l'ouverture du Salon de l’agriculture à Paris, l’association de défense des animaux L214 publie depuis lundi une série d'enquêtes dans des élevages intensifs de tout l'Hexagone. Ce jeudi, ce sont les images portant sur les méthodes de travail d'une exploitation de palmipèdes de l'Isle-Bouzon, dans le Gers, qui sont dévoilées sur le site de l'association. « Dans cet épisode, on voit des cages collectives qui blessent les canards pendant le chargement des palmipèdes vers l'abattoir » prévient Sébastien Arsac, co-fondateur de l’association L214 et directeur des enquêtes. « De la Vendée où les canetons naissent, au Lot-et-Garonne où ils sont élevés, jusqu'au Gers, à Vic-Fezensac où ils sont abattus. On a voulu montrer tout le cheminement. Et on voit que cette filière longue est propice à la propagation du virus de la grippe aviaire. Cette spécialisation de chacun des maillons, c'est une problématique sur laquelle le gouvernement ne veut par mettre pas les doigts. Chaque année, c'est pareil. Ils veulent dépeupler alors que le problème de fond, c'est la concentration des animaux et cette industrialisation de la filière ». Grâce à ces images tournées clandestinement par un employé de l'exploitation, l'association compte remettre la question de la cause animale dans le débat politique, à quelques semaines des élections présidentielles. « On sait que c'est la période et on voit que les candidats commencent à se positionner sur la question. Les sondages d’opinion démontrent que les Français veulent sortir de l’élevage intensif, de droite comme de gauche ».

Deux plaintes devaient être déposées ce mercredi par l'association. « La première porte sur les cages qui sont utilisées dans les salles de gavage, elles blessent les animaux. Et une autre plainte pour le transport des canards dans des caisses non conformes à la réglementation ». L'association compte se rendre au Salon de l'agriculture pour échanger avec les éleveurs mais l'assure : « Il n'y aura pas d'action coup de poing ».

La vidéo

Sylvie Colas, porte-parole du syndicat agricole de la Confédération paysanne. «Nous ne sommes pas copains avec L214 car ils sont contre l’élevage. Je sais que dans certaines modélisations industrielles, il y a des excès du fait de la nécessité de rentabilité, la pression, produire pour pas cher. C'est ça qu'il faut dénoncer. Mais montrer cette vidéo ce n'est pas bon. On dénonce en revanche les excès de l’élevage industriel car ils produisent pas forcément de la qualité et détruisent l'environnement. Et la pression sanitaire vient d'eux car les élevages sont trop denses ».

N.M

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