L'usage de stupéfiants devant l'alcoolémie au volant : une première dans le Gers


10 mai 2021
C'est un fléau qui revient fréquemment dans le taux d'accidentalité dans le Gers. La gendarmerie constate que les conduites sous l'emprise de stupéfiants s'impose -pour l’instant- devant les conduites sous l'emprise de l'alcool. Une première qui résulte peut-être des mesures de restrictions sanitaires, selon Philippe Grech, capitaine de l'EDSR 32.
C'est un phénomène qui tracasse la gendarmerie du Gers.
Depuis le début de l'année, on constate que la conduite sous l'emprise de stupéfiants est devenue une cause majeure dans le taux d'accidentalité. Elle a longtemps été première avant que les vitesses excessives ne ressurgissent. En tous cas, elle reste devant les conduites sous l'emprise de l'alcool. C'est une première dans le Gers.
Peut-on dire que ce constat -nouveau- résulte de la crise sanitaire, à l'heure où les CHS enregistrent des admissions de personnes replongeant dans la consommation de substances addictives ?
Peut-être que c'est lié au fait de la Covid. Certainement. Les bars, restaurants et discothèques sont fermées donc les gens consomment chez eux. Ils organisent aussi des « soirées fumettes ». Donc oui, je pense que la Covid joue un rôle.
Et l'alcool ?
Paradoxalement, depuis le début d'année, ce sont plus souvent des accidents matériels et non corporels qui sont sujets à de l'alcool. Parfois avec des taux très importants. Mais j'ai peur que la tendance ne s'inverse au moment du déconfinement.
Pour revenir au cannabis, certains jouent au bluff depuis la mise sur le marché de produits à base de CBD. Là aussi, c'est une tendance nouvelle.
Le CBD est devenu à la mode et les gens se retranchent derrière ce produit en affirmant n'avoir pris que ça. Pour avoir fait une analyse avec les laboratoires et des spécialistes, je peux vous dire que le taux est tellement faible qu'il ne pourra pas être dépisté. La seule explication possible, c'est que le produit a été modifié ou alors que la personne a consommé un autre produit. Mais elle ne le dit pas. Jusqu’à une semaine avant, elle peut être positive au salivaire.
Tout dépend de l'usage qu'on en fait ?
Pour un usage occasionnel, une personne est détectée entre 6 et 8 heures après la consommation du produit sur un test salivaire. Au quotidien, ça peut être 24 heures, voire 8 jours après consommation. Pour le test sanguin, le THC est détecté entre 2 et 8 heures si c'est occasionnel et jusqu'à 1 mois après dernière consommation, si c'est un usage intensif. C'est encore pire plus pour l'urinaire. L'alcool s'élimine mais le cannabis laisse des traces longtemps dans le corps.
François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, affirmait récemment sur notre antenne vouloir légaliser le cannabis de façon encadrée. Ce serait difficile à gérer pour vous ?
On a la force de s'adapter, on verra si un jour le cannabis venait à être légalisé. Ce qui est certain, c'est que la conduite sous l'emprise de stupéfiants existera toujours. L'alcool est déjà légal, mais on ne peut pas conduire avec. Ce sera pareil.
Les vacances estivales se profilent. Vos effectifs sont sur le qui-vive ?
Il y aura je pense cet effet du déconfinement. On craint un relâchement notamment du conducteur sur les routes mais on va mettre le paquet. Notre rôle est d’éviter les drames sur la route. En termes de chiffres, c'est difficile de faire une comparaison avec l'an dernier puisque avec ce confinement strict, on avait une accidentalité minime.
N.M

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