Interruption du Tour de France dans le Gers : six militants étaient jugés ce matin à Auch

22 novembre 2022 à 12h21

Quatre hommes et deux femmes étaient jugés ce mardi matin par le tribunal correctionnel d'Auch du chef d'entrave à la circulation des véhicules sur voie publique. Le 22 juillet dernier, à Lasseube-Propre dans le Gers, six militants -dont un manquait à l'audience ce matin- du collectif écologiste « Dernière rénovation » avaient interrompu la 19 ème étape du Tour de France en s'allongeant sur la route.

Une dizaine de minutes d'interruption, un procès pour rendre des comptes. Ce mardi, le tribunal correctionnel d'Auch jugeait six militants du collectif écologiste Dernière rénovation, du chef d'entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique. Urgence climatique, avenir menacé, résistance civile : cinq des six prévenus présents à la barre du tribunal ce matin ont souvent rappelé la « situation préoccupante » de l'environnement.

Sur les faits, le 22 juillet dernier, un des membres du collectif avait allumé un fumigène à environ 150 km de la ligne d'arrivée, entre les villages de Boucagnères et Auterive dans le Gers, alors que cinq autres personnes s'étaient « enchaînées entre elles et utilisé de la glu pour se coller à la chaussée » avait précisé le parquet d'Auch. ASO, la société organisatrice du Tour de France, avait déposé plainte à la suite de cette interruption. Depuis, la plainte a été retirée.

 

Des rôles bien définis

« On a marché, on a manifesté, on a fait tout un tas d'action dans le cadre légal pour faire entendre nos revendications mais cela n'a pas marché. C'était le dernier recours » lance une militante -aux traits juvéniles- du collectif écologiste. Les larmes aux yeux au moment d'évoquer cette journée de 22 juillet, elle détaille l'organisation des militants avant de passer à l'action. « Les rôles étaient bien définis, on a même reçu une formation avant d'agir. On avait choisi une zone droite avec de la visibilité pour éviter que l'action soit dangereuse ».

Certains des prévenus qui comparaissaient ce mardi, sont des habitués des actions « chocs » du collectif Dernière rénovation. Deux d'entre eux ont déclaré avec avoir participé à une action de blocage sur une autre étape de la Grande Boucle et sur le périphérique parisien également, en avril dernier.

« Ce qu'on a fait, ce n'était pas à titre individuel mais bien pour tout le monde » explique Guillaume, âgé de 48 ans. Ce formateur et conseiller en environnement est le plus ancien de ce groupe de six activistes. « Avec ces actions, on souhaite mettre sur le devant de la scène une situation écologique préoccupante. On réclame une rénovation thermique des bâtiments mais rien n'est mis en place de manière sérieuse, il y a pourtant aujourd'hui un enjeu réel d'isoler nos bâtiments, notamment en milieu rural où beaucoup de gens doivent encore aujourd'hui se chauffer au fioul ».

« Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres moyens légaux pour alerter sur cette importance de la rénovation thermique des bâtiments ? interroge le procureur de la République d'Auch, Jacques-Édouard Andrault. Moi, je pense que si. Cette action est dangereuse même si les prévenus disent avoir pris des mesures pour éviter l'accident. Cela a mis en danger les coureurs cyclistes ainsi que les gendarmes de la Garde républicaine. On est pas dans une enceinte politique, ce n'est pas une tribune. La question n'est pas de savoir s'il y a une urgence climatique ou non, mais si l’infraction est constituée. Et selon moi, elle l'est, les prévenus sont coupables et doivent être condamnés ».

Face aux casiers judiciaires vierges des prévenus, le ministère public a décidé de faire preuve de « modération ». Il a requis une peine commune de 500€ d'amende, dont 300€ avec sursis. L'affaire a été mise en délibéré au 24 janvier 2023. 

La rédaction.

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