Hautes-Pyrénées : Une attaque de loup dans un village, « du jamais vu »

16 novembre 2022 à 15h56

Coup de colère des Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées concernant une attaque de loup sur la commune de Germs-sur-l'Oussouet. Pour cause : c'est la première fois que le loup attaque dans un village qui ne se situe pas en montagne. Entretien avec Mathilde Penin, la présidente du syndicat des Jeunes Agriculteurs 65.

Pouvez-vous faire le point sur cette nouvelle attaque ?

Nous avons pris connaissance d'une nouvelle prédation jeudi dernier. L'attaque est survenue très près des maisons. Une brebis a été tuée. Il s’agissait du loup. Les autorités compétentes, donc l'OFB, l'ont confirmé après avoir effectué les constations. Un loup d'un gabarit assez important, selon les traces retrouvées. Le troupeau était en haut d'une colline, et le loup a d'ailleurs réussi à redescendre la brebis au niveau de la bergerie.

Une attaque inédite...

Ce n'est jamais arrivé. Même cette année pour le Hautacam, c'était la première fois qu'on y avait une prédation de loup. Là, dans nos villages, c'est du jamais vu pour nous.

A l'heure actuelle, ça va être très compliqué de sécuriser et protéger nos maison et nos élevages de ce prédateur. La montagne est aujourd'hui vide. Le loup va rester en hauteur et s'alimenter de gibier, si gibier il trouve. Mais aujourd’hui, le loup n'est plus dans nos estives, il est dans nos villages.

Pas mal de prédations se sont succédé cet été, comment a évolué et s'est intensifié le phénomène ?

Une cinquantaine d'attaques ont été constatées cet été. Au-delà de ça, on a tous les dégâts collatéraux, les pertes économiques, tous les animaux que nous avons jamais retrouvé. On arrive à la centaine de brebis jamais retrouvées. L'Etat a agit sur sa volonté de remettre des prédateurs sur le massif. On compte environ 80 ours déjà. Si on ajoute en plus le loup, notre profession va davantage suffoquer. Et puis, si les pertes continuent cet hiver parce que l'animal redescend, la situation va être dramatique. Certains vont devoir mettre la clé sous la porte. On pensait être un peu plus tranquilles par rapport aux attaques en redescendant des estives. On se rend compte que ça ne va pas être le cas. L'attaque a réveillé le désarroi que les éleveurs ont connu cet été. Il va falloir être aux aguets en permanence car le danger est toujours là.

N.B

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article