Hautes-Pyrénées : « la pression elle restera tant qu'il n'y aura pas de réponse » pour les JA 65

07 janvier 2026 - 13:19

Davantage de mobilisations d'ampleur. Les agriculteurs mettent le cap sur Toulouse ce mercredi pour participer à une manifestation régionale. Pour les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées, il s'agit d'une nouvelle forme de mobilisation alors que des arrêtés préfectoraux ont été pris pour interdire l'entrave à la circulation sur le réseau routier du département et la circulation d'engins agricoles sur certains axes. Le point sur la suite du mouvement avec Clément Simian, président des Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées

Avant votre trêve de Noël vous annonciez de nouvelles formes de mobilisation pour ce début d'année, la mobilisation à Toulouse ce mercredi en fait partie ?

On avait prévu déjà pour ce week-end de relancer les mobilisations sous différentes formes. Le problème étant que des arrêtés préfectoraux sont sortis pour nous empêcher de nous mobiliser, ou du moins nous le déconseiller fortement avec des risques de sanctions. Aujourd'hui, le syndicat des JA 65 ne déclare plus de manifestation sur le département.

On ne peut plus rien faire sur le département, ça fait trois semaines qu’on est mobilisés, autant aller dans des secteurs plus impactant. On a quand même pas mal d'éleveurs et d'agriculteurs sur le département qui vont soutenir la mobilisation, qui reste dans le département de la Haute-Garonne intersyndicale. Sur le plan des revendications, on a commencé à travailler sur le pendant et la suite DNC par rapport à la sortie des animaux. Pour trouver des solutions plus adéquates pour que certains acteurs de la filière et éleveurs puissent ne pas perdre trop d'argent.

Comment réagissez-vous à la lettre adressée par le Premier ministre, qui annonce que « l'Etat prendra ses responsabilités » ?

La lettre est très bien en soit, mais c'est toujours pareil. Ça fait pas mal de temps qu'on a des promesses sur certains sujets et maintenant on attend que ce soit mis en place. Concernant la DNC, aujourd'hui on n'a eu aucune avancée. On est restés face à un mur et on ne veut pas lâcher. On est toujours dans la même situation, est-ce-que ce ne sont que des promesses en l'air pour calmer la mobilisation, ou est-ce-que ça va vraiment être fait ? On n'a plus confiance.

Des interdictions préfectorales sont désormais en vigueur, qu'en pensez-vous ?

On est assez déçus. Tous les messages, que ce soit au niveau des départements ou des ministères, c'est que plus aucun blocage ne sera accepté. Aujourd'hui ça n'a calmé personne. On n'a pas encore réfléchi aux sanctions que l'on pourra avoir. On sait qu'il y en aura, maintenant on a été assez corrects sur le département donc ce serait dommage qu'elles soient très sévères. En tout cas, la pression elle restera tant qu'il n'y aura pas de réponse.

Parmi les sujets d'actualité, la possible signature de l'accord entre l'UE et le Mercosur. Quelle version de cet accord est envisageable pour vous ?

Il faut avoir les mêmes réglementations, que les produits qui vont rentrer auront les mêmes normes que nous. Apparemment c'est ce qui a été décidé mais c'est pareil, il faudra vérifier. Je ne vois pas comment ils peuvent surveiller ces échanges, des flots entiers de viande ou de céréales étrangères. Pour moi il faudra pousser au maximum les contrôles peut-être diminuer le tonnage de la viande. Si ces règles ne sont pas respectés, il faudra mettre un terme à ce contrat sinon les mobilisations redémarreront.

N.B

Légende photo : les agriculteurs s'étaient déjà mobilisés, occupant des ronds-points du département notamment, en janvier 2024. Les proplématiques de la DNC et du Mercosur ravivent le mouvement cette année encore.

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article