Grippe aviaire : presque 3 000 chasseurs du Gers concernés par des restrictions de chasse


18 janvier 2021

Sainte-Christie-d’Armagnac, Manciet ou encore Montréal-du-Gers. Dans ces communes comme des dizaines d'autres du département, la chasse du gibier à plumes est désormais interdite après des cas avérés ou suspicieux de grippe aviaire. Le virus se développe considérablement dans le Gers avec 14 foyers avérés en fin de semaine dernière, loin cependant de la crise aviaire que subit le département frontalier des Landes. Ces restrictions de chasse qui malmènent la fédération de chasse, Serge Castéran, le président de l'antenne gersoise, aurait aimé être concerté avant de les faire appliquer. Sur les 10 000 chasseurs que compte le département, presque 3 000 ne peuvent plus chasser la palombe, ni la bécasse.

Un peu plus d'un mois après cet arrêté interdisant la chasse du gibier à plumes, comment évolue la situation des chasseurs ?

La DDT du Gers nous a confinés. Les chasseurs sont morts et cette décision a été prise sans consulter l'agence sanitaire française et sans concertation. L'habileté de l’administration est d'avoir pris cet arrêté le 4 décembre et il court toujours, sans date de fin. Du moins jusqu'à ce que les contaminations ne cessent. L'ouest et le nord-ouest du Gers sont les plus touchés.

Une zone frontalière aux Landes, département le plus touché de France avec le Gers. Les restrictions sont les mêmes pour eux ?

Dans les Landes, où il y a beaucoup plus de cas avérés, la chasse continue. La préfète a eu le courage de prendre un arrêté mais qui n'interdit pas la chasse.

On dit que le chasseur est une « sentinelle de la nature ». Peut-il jouer un rôle pour endiguer l'épidémie de grippe aviaire ?

Le chasseur peut trouver un oiseau mort, il nous le soumet et on envoie au laboratoire départemental. Actuellement, on a plus de 40 oiseaux qui sont en cours d'analyse et les premiers résultats, qui portent sur cinq volatiles, se sont révélés négatifs. Le chasseur a ce rôle de sentinelle mais comme tous les autres jours, pas qu'en période de grippe aviaire. Un lièvre, un chevreuil, un sanglier malade, le chasseur sait l'analyser.

On enregistre ces derniers jours de gros flux de palombes dans le Gers. Peuvent-elles être vectrices du virus ?

Non elle ne peuvent pas et heureusement car on voit beaucoup de palombes pour l'hivernage. Il y a cinq jours on en comptait 600 000, c'est un record depuis 30 ans. Le 14 décembre c'était 1 million. Celles qui meurent sont liées aux maladies chroniques, qu'on appelle le "muguet". Rien à voir avec la grippe aviaire.

Comment expliquer qu'il y en ait autant ?

Simplement que l'oiseau se porte bien et se reproduit dans de bonnes conditions. Depuis deux ans, elles restent dans le Gers alors qu'avant elles migraient avant vers la péninsule ibérique. C'est aussi la disponibilité alimentaire qui leur permettent de rester ici.

N.M

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article