Grève au CHS : fermée pendant 6 mois, la clinique des ados n'a aucune solution pour les accueillir


04 mai 2021
Le chrono tourne à l'hôpital spécialisé du Gers. À partir du 13 mai, des travaux vont commencer pour sécuriser l’unité de soin, provoquant la fermeture du service pendant six mois. Une bonne nouvelle en apparence puisque les travaux sont reconnus comme étant « indispensables depuis 2012 » selon la CGT. Mais à quelques jours du lancement des travaux, le syndicat s'étonne qu'aucune solution ne soit trouvée pour accueillir les adolescents pendant cette fermeture. Il s'agit là du premier « vrai » combat pour Paul Legrand, infirmier de l'hôpital psychiatrique d'Auch, engagé à la clinique des ados et nouveau secrétaire du syndicat CGT de l'hôpital psychiatrique. Il appelle à la mobilisation en ce jour de grève.
 
 
Que va t-il advenir des adolescents présents à la clinique ?
C'est la question qu'on se pose. À ce jour, aucune alternative pour les accueillir n'a été trouvée pendant la durée des travaux. Ils sont âgés de 12 à 18 ans. Ce sont des ados dépressifs, qui peuvent faire des tentatives de suicide, parfois en rupture de scolarité.
 
Quelle est la capacité d'accueil à la clinique des adolescents ?
Il y a seulement 5 lits en hospitalisation complète et un en hôpital de nuit. Là, c'est plein tout le temps.
 
C'est peu ?
C'est peu. On est le département d'Occitanie avec le moins de lits à disposition.
 
La crise sanitaire détruit le moral des jeunes. Vous faites face à une augmentation des demandes ?
Oui, on a des ados sur liste d'attente. Le nombre de demandes a triplé cette année. Comment faire pour l'hospitaliser deux mois après sa tentative de suicide ? On aimerait pouvoir anticiper et éviter qu'il passe à l'acte. L'isolement, majoré par la situation sanitaire, il n'y a plus d'activités sportives, plus de loisirs. Ils se retrouvent face à eux-mêmes.
 
Qu'espérez-vous par cette grève ?
Alerter la population sur le manque d'alternative, on ne va pas rouvrir avant fin de l'année. On va proposer de planter des tantes. C'est précaire mais c'est mieux que rien et c'est surtout symbolique. On n’espère pas en arriver là.
 
Que propose la direction ?
On en a discuté plusieurs fois avec la direction et on a fait plusieurs propositions avec la pédopsychiatre référente, mais aucune n'a abouti. Par exemple, travailler avec le service pédiatrie ou encore augmenter la capacité d'accueil en hôpital de jour. Ce ne sont pas des solutions parfaites mais il fallait trouver quelque chose. On a aussi proposé de réquisitionner une équipe dans le service dédié aux ados mais ça n'a pas été retenu. En tous cas l'équipe n'est pas au courant de la possibilité d’accueillir sur une autre unité et ça diminuerait l'offre de soin sur le secteur adulte. Il faut différencier les mineurs des majeurs hospitalisés. Ce ne sont pas des conditions de travail favorables.
 
Et les amener vers d'autres départements ?
Impossible, de par l'éloignement avec les familles et les autres unités sont déjà surchargées. La population gersoise est invitée à nous soutenir en cette grève et peuvent participer à l’action prévue aujourd'hui à 14h au centre hospitalier. Des tentes seront installées comme une alternative à cette fermeture.
 
 
Précision : Le CHS sera aussi en grève jeudi pour deux autres services : Janet (hospitalisation complète d'adultes) et le CMPI (centre de consultation psychiatrique dans la ville d'Auch). La CGT dénonce des manques d'effectifs.
N.M

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