Gers : "On a peur de ce qu'on va faire après", la détresse d'étudiantes gersoises avec la crise sanitaire


14 mai 2021
L'une a 19 ans, l'autre 21. Soizic et Caroline -toutes les deux en deuxième année BTS au lycée Beaulieu- font partie des victimes collatérales de la crise sanitaire du Covid-19. Une année scolaire malmenée par les diverses restrictions gouvernementales et l'application récente de la direction de l'établissement de revenir à un système de cours en distanciel, alors que les épreuves orales se profilent dans quelques jours seulement. Pour sensibiliser la direction et montrer leur soutien aux élèves qui se trouvent dans la même configuration, elles ont décidé de réaliser une vidéo sous le format « Bref ».
 
Qu'est-ce qui vous a poussé à réaliser cette vidéo ?
On a choisi de faire une vidéo sous le format « Bref » [NDLR, une série télévisée française de format shortcom] pour toucher du monde. On raconte nos semaines en distanciel et on voulait montrer que c'était l'horreur. C'est un message pour nous, mais aussi pour les jeunes qui sont dans même situation.
 
Quels sont les problèmes que vous rencontrez ?
Le fait de ne pas être ensemble, c'est difficile. Il y a du décrochage scolaire très présent même si l'équipe pédagogique nous soutient beaucoup. On a pas tous des ordinateurs à la maison et l'environnement ne permet pas forcément de travailler avec, pour certains, des connexions assez mauvaises et donc l'impossibilité de suivre les cours. Rien ne remplace un présentiel.
 
C'est une décision qui a été prise dans votre établissement ?
Oui. Et nous sommes dans l'attente d'une réponse de la direction. On aimerait qu'elle écoute ses élèves car cette vidéo témoigne du sentiment de toute la promotion, soit 19 étudiants. On a eu la chance d'être en présentiel avant le troisième confinement, ce qui n'est pas le cas des élèves de l'IFSI d'Auch par exemple et pour lesquels nous avons une pensée.
 
Quelles sont les craintes que vous avez ?
On a peur de ce qu'on va faire l'an prochain, est-ce que le diplôme va valoir quelque chose ? Sachant qu'en temps normal, il faut bosser pour l'avoir mais dans cette situation là, il faut en faire encore plus. Quand nous voyons des gens sur les réseaux sociaux dire qu'on n'est pas à plaindre, on se sent démunies. La vidéo que nous avons réalisée montre l'envers du décors. Le télétravail nous conditionne dans une ambiance où on a du mal à travailler, c'est dur à gérer. 
Précision : La vidéo des étudiantes est à retrouver ici
N.M

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