Gers : le manque de main-d’œuvre et la pénurie de matériaux mettent en péril la reprise des entreprises de BTP


10 septembre 2021

C'est un véritable poids lourd de l'économie gersoise avec 2500 entreprises et près de 4700 salariés : le BTP. Le secteur s'est réuni vendredi 10 septembre, au théâtre d'Auch, à l'occasion de son assemblée générale annuelle. En visioconférence, l'année dernière du fait de la situation sanitaire, l'événement a eu lieu cette année en configuration "normale", avec la présence notamment de la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, ou encore du président national de la fédération française du bâtiment, Olivier Salleron. Une assemblée qui a été l'occasion d'évoquer les perspectives pour le monde du BTP en cette période de rentrée. Après une année difficile sur le plan sanitaire, le secteur du bâtiment retrouve doucement des couleurs ces derniers mois avec une augmentation enregistrée de la commande publique et des chantiers privés. Mais cette reprise se veut fragile, à cause, notamment de la pénurie de matériaux, mais également du manque de main-d’œuvre. On fait le point avec Jean-Luc Dazeas, le président de la fédération du BTP du Gers.

Comment se porte le secteur du BTP ?

“Le BTP dans le Gers a subi les crises économiques et le COVID comme de nombreuses professions. Aujourd'hui, il relève progressivement la tête. Le secteur se porte d'ailleurs plutôt bien. On a eu la chance de pouvoir travailler durant toute la période de COVID. Mais, on reste confronté à trois problématiques qui handicapent cette reprise. La première concerne des difficultés d'approvisionnement en matériaux. Une autre très liée, concernant l'augmentation significative des prix de certaines matières premières. Le prix du bois, par exemple, a été multiplié par trois. La dernière problématique concerne des problèmes de recrutement.” 

C'est l'une de vos grosses préoccupations : les difficultés d'approvisionnement en matière première ainsi que l'augmentation exorbitante du prix des matériaux, c'est une conséquence du COVID-19 ?

“Bien-sûr il y a un lien. Pendant la crise, les entreprises ont stoppé la production, donc on n’a pas continué cette chaîne d'approvisionnement. Les deux phénomènes qui expliquent vraiment cette pénurie, c'est que tout d'abord l'Asie s'est inquiétée et a acheté tout le fer. Tandis que les États-Unis ont bloqué les commandes de bois avec le Canada et donc a acheté tout le bois. Donc, en Europe, on s'est retrouvé avec cette double problématique bois-fer qui s'est répercutée sur toutes les productions.”

Quelles sont les conséquences de ces difficultés d'approvisionnement ?

“Elles sont énormes. Aujourd'hui, on a traité des marchés à prix ferme, et on a des matériaux qui sont multipliés par deux voire par trois. Donc, on achète beaucoup plus cher que ce qu'on avait prévu et on ne peut pas toucher le prix de vente. Donc, ça a des conséquences énormes sur la rentabilité de nos entreprises.”

Vous devez également faire face à des difficultés de recrutement ...

“Aujourd'hui, on a entre plus de 500 et 1000 places de disponibles et qui sont non-pourvus. C'est énorme, sachant que le secteur du bâtiment, c'est quand même 2 500 entreprises et 4 700 salariés dans le Gers. On est dans un contexte où tous les métiers sont en manque de main-d’œuvre, donc c'est compliqué de se démarquer et de dire, on va faire mieux que les autres pour attirer. Je pense qu'il faut qu'on discute sérieusement avec les jeunes, peut-être qu'on les forme mieux, parce que c'est quand même des métiers où ils auront toujours du boulot et qui va leur permettre d'avoir un avenir, de laisser quelque chose à postérité. Et, on est justement en train de revenir vers les jeunes avec un discours plus jeune, plus adapté.”

Des lueurs d'espoir tout de même, notamment au niveau de la commande des chantiers privés ?

“Oui, le marché privé se porte bien. On ne peut pas non plus parler d'évolution spectaculaire. Concernant le marché public, on est sur une certaine stabilité.”

 E.R

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