Fin de carrière pour le Gersois Gaby Lacroix : "J'ai des regrets"


12 avril 2021
Il était promis à une longue et belle carrière. Mais à 27 ans, l’ailier gersois Gabriel Lacroix a dû renoncer à ses rêves après trois ans de galère. Sa blessure au genoux droit ne l'aura jamais vraiment quitté et l'ancien de Lombez-Samatan a décidé de s'en remettre à la sagesse. Désormais à la retraite, il « regrette » son manque d'investissement dans les études à l'époque où il le pouvait encore. L'après-carrière, une étape-clef qu'il n'a pas su anticiper. Entretien.
Première question, comment vas-tu ?
Ça va plutôt bien. Je m'adapte doucement à ma nouvelle vie. Je suis en recherche active d'emploi, j'ai des propositions qui arrivent. Je prends un peu tout ce qu'il y a à prendre. J'observe et je prendrai une décision finale.
À 24 ans changer de trajectoire, c'est difficile pour un sportif.
C'est cette blessure qui me fait arrêter tôt. Ce sont des choses qui peuvent arriver dans la vie d'un sportif, c'est mon cas. Il faut essayer de trouver autre chose qui me plaira tout autant, c'est un nouveau challenge, une nouvelle vie. C'est pas facile quand on a fait du sport toute sa vie.
Tu as des regrets ?
Quand on s'arrête comme ça à mon âge, c'est dur oui. À 35 ans on peut se préparer mais là c'est brutal. On n'a pas le temps de se préparer. Après, je suis le premier fautif, j'aurais dû faire des études plus jeune, profiter de ce qu'on m'offrait en centre de formation. Il y a des choses à revoir mais on demande tellement aux joueurs. Le double cursus, il est dur à tenir, même si beaucoup y arrivent.
Il y a des choses à revoir dans le suivi des jeunes ?
Il faut prendre exemple là où il faut. Il y des choses à revoir mais c'est un sujet compliqué avec l'ampleur que prend le sport aujourd’hui, médiatique, financier. Il y a tellement d'enjeux. On peut comprendre que le sportif prenne le dessus, il faut trouver un juste milieu. Certains vont avoir des facilités à faire un double cursus, d'autres comme moi décrochent plus vite.
Tu as des propositions dans ta recherche d'emploi ?
Oui, mais hors-rugby.
Dans le Late Rugby Club chez nos confrères de Canal +, le manager du Stade Toulousain, Ugo Mola, t'a lancé un peu une perche. Ça t'a surpris ?
Oui. C'est très gentil de sa part, je lui ai écrit pour le remercier. Il veut faire le maximum pour moi, il est dans cette philosophie. J'ai joué que deux ans en jeunes à Toulouse et déjà ils voulaient garder des anciens joueurs au sein du club. C'est ce qui fait la force du Stade.
Tu as un autre soutien de taille, Henry Broncan.
Il a toujours été là. C'est un homme très important pour moi et il a fait beaucoup. Je l'ai eu au téléphone le week-end dernier, il appelait pour prendre de nouvelles. Quelqu’un qui, en tant qu’homme et entraîneur, ne laisse personne indifférent. Ce doit être dur pour lui aussi avec l'arrêt des compétitions amatrices.
Justement, tu as déclaré que le rugby c'était terminé pour toi. Reprendre un jour, même en Fédérale, c'est impossible ?
Aujourd’hui non. Ça me semble compliqué mais pourquoi pas un peu plus tard, je vais voir. Quand tu parles avec les copains, après quelques soirées, ils m'ont bien chauffé pour reprendre le chemin des terrains. À voir.
Quels souvenirs gardes-tu de ta courte carrière ? Il y a ce record d'essais contre Bayonne qui tient toujours, en 2016.
Un quadruplé en 11 minutes, c'était fou oui. Je m'en souviendrai toujours. Il y en a eu d'autres moins médiatisés mais que je garderai.
Comme ton essai contre le Japon pour ta première sélection en équipe de France ?
C'était un bon moment, mais on fait nul contre eux et c'était un peu plus dur pour l'équipe. Mais une première sélection, on s'en souvient toujours.
Une mise en lumière qui t'avait valu une parodie de Julien Doré. C'est plutôt cocasse.
Ça m'a fait beaucoup rire, je me suis dit qu'il avait de l'humour. Ça a bien fait parler mes proches, mes amis comme ma famille. J'aurais bien aimé le rencontrer. Isabelle Ithurburu était entrée en contact avec moi, mais c'était une époque où l'équipe de France n'allait pas bien. Mon ancien coach, Xavier Garbajosa, m'avait conseillé de ne pas le faire. Ça allait faire trop de vagues. 

Si tu avais un conseil pour les jeunes qui rêvent de devenir rugbyman ?
On a chance d’être accompagnés par le centre de formation, il faut en profiter. C'est facile de le dire aujourd’hui pour moi, j'ai déjà fait l'erreur. Mais mon histoire est là, c'est du concret. Tout ce temps perdu à ne pas faire d'étude quand j'étais jeune, je dois le faire aujourd’hui. Je ne suis pas là pour être moralisateur mais si mon vécu peut servir, ce sera très bien.
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
Une bonne santé, à moi et ma famille. Trouver ma voie et m'épanouir autant que j'ai pu le faire dans ma vie de rugbyman.
Un message aux Gersois ?
Qu'ils profitent de ce beau département, ils ont de la chance d'y vivre. Je ne reviens plus trop mais le Gers me manque beaucoup. Je vais essayer de revenir un maximum.
N.M
CP : GI

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