Fermeture du plateau technique de Synlab à Auch : huit licenciements et une profonde incompréhension chez les salariés

06 novembre 2025 - 17:59

Huit salariés du laboratoire d’analyses Synlab d’Auch ont appris le mois dernier leur licenciement, conséquence de la fermeture du plateau technique du site à la fin du mois. Un choc pour ces employés, qui se sont mobilisés ce jeudi avec le soutien de la CGT.

« Voilà notre cadeau de Noël, un licenciement », lâche, au bord des larmes, Marie-Joëlle en sortant de son entretien avec la direction du groupe Synlab, ce jeudi après-midi. Une triste confirmation : elle, comme sept autres salariés du laboratoire d’analyses médicales d’Auch, sera licenciée dans les prochains jours. Cette décision fait suite à l’annonce de la fermeture du plateau technique gersois, basé à Auch, avenue d’Alsace. Une fermeture programmée pour la fin du mois de novembre, qui entraîne de facto le licenciement de huit salariés : six techniciens, un cadre technique et une comptable.

Marie-Joëlle, technicienne proche de la retraite, fait partie des personnes concernées. Elle se retrouve remerciée et contrainte de la prendre bien plus tôt que prévu.

« On a appris cette décision brutalement au mois d’octobre. Cela nous a été justifié par un motif économique, alors qu’il n’y a pas de problème économique : l’activité est la même, le chiffre d’affaires est constant. Après quarante ans de bons et loyaux services, on nous renvoie avec un gentil coup de pied, en disant qu’on ne sert plus à rien. C’est moralement très dur à vivre. »

« Une grosse remise en cause du travail accompli »

Un choc également pour Gaëtan, lui aussi concerné par ce plan de licenciements.

« C’est une grosse remise en cause du travail qui a été fait, de l’engagement que j’ai eu pour ce laboratoire. Je suis en plein doute sur ce que je vais faire plus tard. Des propositions de reclassement ont été faites par la direction de Synlab, mais à plusieurs centaines de kilomètres, comme à Annecy ou Rouen. C’est totalement inconcevable pour moi. »

Des analyses désormais analysées dans les Landes

Si l’activité liée aux prélèvements n’est pas impactée, la fermeture du plateau technique – où sont réalisées les analyses de sang – sera désormais effectué dans les Landes sur les sites d'Aire-sur-Adour, à 1h20 de route d’Auch. Des coursiers devront y transporter quotidiennement les échantillons sanguins. Les salariés alertent sur un allongement des délais d’analyse.

« Les personnes qui venaient en fin de journée, ou les médecins qui nous envoyaient des patients en urgence, avaient les résultats dans l’heure. Désormais, si un patient arrive après le départ du dernier coursier, on n’aura plus la possibilité de faire un bilan urgent et de rendre un résultat au médecin, qui ne pourra pas poser de diagnostic rapidement », confie l’une des techniciennes du plateau technique.

Soutenus par la CGT du Gers, les salariés de Synlab étaient en grève ce jeudi pour dénoncer "la méthode du groupe" et défendre leurs emplois. Plusieurs représentants du syndicat, dont Fabrice Lamarque, le nouveau secrétaire départemental de la CGT du Gers, étaient présents aux côtés des salariés tout au long de la journée. Tout comme Murielle Morand, secrétaire fédérale CGT pour la branche Laboratoires de biologie médicale, venue spécialement de Paris.

« C’est une vraie honte. Aujourd’hui, huit personnes se retrouvent au chômage. Avec quel avenir ? On est dans le Gers, où il est difficile de retrouver quelque chose. On souhaite vraiment organiser une mobilisation collective, car ce sont des problématiques qu’on retrouve dans d’autres Synlab de France, et dans d’autres groupes aussi », dénonce-t-elle.

Soutien de plusieurs élus locaux

Plusieurs élus locaux sont venus témoigner de leur soutien aux salariés.
Parmi eux, le maire d’Auch, Christian Laprébende, qui déplore « le choix opéré par le groupe Synlab ». 

Le député David Taupiac, s’est également exprimé sur ses réseaux sociaux pour dénoncer cette fermeture.

Le mouvement de grève ne sera pas reconduit ce vendredi. Mais les salariés "n'entendent pas lâcher l’affaire". Et réfléchissent à une nouvelle mobilisation dans les prochains jours.

E.R

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article