Disparition de Marion Wagon : un prélèvement ADN inexploitable


23 avril 2021

Le prélèvement de l'ADN de Marion Wagon, portée disparue depuis le 14 novembre 1996 à l'âge de 10 ans sur le trajet de son école à Agen (Lot-et-Garonne), n'est pas exploitable. C'est la révélation formulée cette semaine dans une enquête publiée par Elle. « La justice croyait avoir prélevé l’ADN de Marion Wagon, elle s’est gravement trompée, n’a recueilli qu’un 'matériau' non conforme, inutilisable et inutile », explique le magazine féminin. Cet ADN aurait notamment pu être comparé avec la dizaine d'ADN inconnus retrouvée en septembre dernier sur un matelas saisi en 2003 chez la sœur de Michel Fourniret. Ce violeur et tueur en série fait parti des possibles pistes dans cette affaire qui pourrait impliquer un « grand prédateur ». Si Maître Georges Catala, l'avocat de la famille au barreau de Toulouse, se félicite que l'enquête soit relancée, il fustige cette perte d'ADN et une enquête qui a piétiné durant de longues années :

« Il me paraît complètement aberrant que dans la recherche d'une vérité extrêmement difficile, on n'ait pas eu en permanence le soucis de préserver l'ADN de Marion. Parce qu'à l'évidence, on ne peut rien faire sans l'ADN. Seule la police scientifique peut apporter de la lumière en comparant tel ou tel ADN.

La saisie opérée par le SRPJ (police scientifique) est intervenue en 1996. On s'est servi une fois des cheveux pour faire un test comparatif. Et puis ensuite on s'est aperçu que ces cheveux ne contenaient plus de bulbe, c'est à dire le seul élément pouvant permettre à l'ADN de parler. »

Depuis, en ce début d'année, les parents de Marion Wagon ont été sollicités par la justice afin d'apporter des objets ayant appartenu à la petite fille. Objectif : tenter de reconstituer une trace ADN afin qu'elle soit exploitée dans différentes comparaisons, et ainsi faire avancer l'enquête. Cette relance du dossier par la juge d'instruction Amandine Garcia est saluée par Maître Georges Catala :

« On se félicite de la réaction de cette magistrate instructeur arrivée à Agen. Elle a regardé le dossier, et elle s'est dit, comme je le disait très fort : « il y a quelque chose qui ne va pas ».

Les parents quand on leur demande de donner, soit leur salive, soit des objets ayant appartenu à leur fille il y a 25 ans en arrière, ils s'empressent de le faire. Mais faut quand même imaginer leur mentalité : ils sont en droit de se dire « pourquoi on nous demande cela maintenant » ? »

F.P.

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