Vingt-cinq ans après, Auch Foot rêve d’une qualification historique pour le 8ᵉ tour de la Coupe de France. Dernier club gersois encore en lice dans la compétition, les Auscitains (R2) reçoivent ce samedi soir Canet-en-Roussillon (20 h), formation de National 3, soit deux divisions au-dessus. Un match à la saveur particulière pour Damien Graves (31 ans), gardien et capitaine de Canet, de retour au stade Éric-Carrière, où il a gardé les cages d’Auch Foot pendant près de quatre ans et demi. Club dans lequel il a laissé une empreinte forte, marquée par une montée en National 3 et de belles aventures en Coupe de France. À la veille de son retour en terre auscitaine, Damien Graves s’est longuement confié à notre rédaction.
Damien, après cinq années passées à Auch, tu fais ton retour ce week-end au Stade Éric Carrière. Quels souvenirs gardes-tu de ton passage dans la préfecture gersoise ?
« Je garde vraiment de super souvenirs de mon passage à Auch. Mon plus beau souvenir reste la montée en National 3 avec le club. C’était mon objectif personnel de les faire monter au niveau national. Il y a aussi ce parcours en Coupe de France, où on affronte le Gazélec Ajaccio, alors en L2 (NDLR : 2018). C’est un match qui avait ramené beaucoup de monde. On avait fait un super match : on les amène aux prolongations, où l’on perd 0-1. Et puis je garde de nombreux autres souvenirs, sur le terrain et avec tous les super potes que j’ai pu me faire à Auch. »
On peut parler d’un tremplin dans ta carrière, ce passage à Auch ?
« Quand je signe à Auch, je suis à deux doigts d’arrêter le football. Je sortais d’un échec avec le TFC : je m’entraînais régulièrement avec l’équipe professionnelle, je devais signer un premier contrat pro, et finalement une blessure fait que je n’ai pas signé ce contrat. J’ai donc dû trouver un club. J'ai rejoint le club du Rodéo, dans une atmosphère difficile, où j’ai tenu quatre mois avant d’arrêter. À ce moment-là, je me suis vraiment posé la question de mon avenir. Est-ce que je devais trouver un travail comme tout le monde pour gagner ma vie et arrêter le football, ou bien m’accrocher et me redonner une chance ? Quand Auch m’appelle, je le vois un peu comme un échec : passer du monde pro, où tu es tout proche de signer ton contrat, à la R1, c’est brutal. Et finalement, j’ai accepté. Auch a été le seul club qui m’a tendu la main à ce moment-là. J’y suis allé pour retrouver mon meilleur niveau. Et cette histoire, qui devait durer seulement quatre mois — c’était le deal conclu avec le président de l’époque, Guy Glaria — a finalement duré près de quatre ans et demi. Cette aventure m’a redonné foi en le football : j’ai retrouvé beaucoup de plaisir sur le terrain, toutes mes sensations et mon meilleur niveau. Ça a été un passage totalement bénéfique, en tant que joueur et en tant qu’homme. »
Tu as gardé contact avec certains joueurs d'Auch ?
« Oui, j’ai gardé de nombreux contacts avec des joueurs, anciens joueurs et membres du staff. Certains sont devenus de très bons amis, que je vois régulièrement. J’essaie de revenir à Auch régulièrement. J’ai une histoire particulière avec cette ville. »
Tu as décidé de quitter Auch à l'été 2020 pour rejoindre Canet en Roussillon et jouer à un niveau plus élevé. Comment as-tu vécu ton départ ?
« C’est un choix qui a été assez compliqué. J’étais très attaché à Auch, mais j’avais l’objectif de jouer plus haut. Quand Canet m’a fait la proposition, j’ai sauté sur l’occasion. D’autant que je suis originaire de Perpignan, j’ai toute ma famille dans le coin. Je ne regrette absolument pas mon choix. Cela fait six ans que je suis au club, je suis devenu capitaine, on a fait de super parcours en Coupe de France, avec notamment l’élimination en 2021 de l’Olympique de Marseille, pour atteindre les quarts de finale, ce qui reste un exploit pour un club amateur. Je suis fier également d’avoir pu jouer en National 2 pendant trois ans. Je suis aujourd'hui très heureux d’avoir fait ce choix. »
Tu entretiens une relation particulière avec la Coupe de France, que ce soit avec Auch ou le Canet-en-Roussillon ?
« Je n’ai pas eu beaucoup de chances dans ma carrière, avec souvent des pépins physiques dans des moments-clés. Mais c’est vrai qu’avec la Coupe de France, je me suis rattrapé, avec de très beaux parcours. Avec Auch, notamment pendant deux années d’affilée où on se qualifie pour le 7e tour et où on joue contre deux L2. Avec Canet, on a battu plusieurs fois des clubs professionnels de L2 et L1. Avec notamment ce quart-de-finale historique en 2021. J’ai une très belle histoire avec cette Coupe de France, que j’apprécie énormément. »
Samedi, du fait des deux divisions d’écart, vous serez forcément favoris sur le papier. Comment abordes-tu cette rencontre face à ton ancienne équipe ?
« C’est un match de Coupe de France. J’ai prévenu mes coéquipiers : on est la preuve parfaite, nous à Canet, qu’en Coupe de France, il n’y a pas de niveau. Le niveau n’existe plus. Quand tu fais des exploits pratiquement tous les ans, où tu fais tomber des L2, des L1, alors que tu es en N2 ou N3, c’est l’exemple parfait pour dire qu’il ne faut jamais sous-estimer son adversaire. Il n’y a pas de match facile en Coupe de France. En face, il y aura 18 joueurs déterminés à faire un exploit. Je pense qu’il y aura du monde au stade, autour de la main courante. C’est le match piège par excellence. Surtout avec le nouveau format, où après les 90 minutes, il y a directement les tirs au but : cela facilite les exploits. Donc à nous d’être extrêmement vigilants. »
Tu as quitté Auch en N3. Aujourd’hui, le club évolue en R2. Comment réagis-tu à cette situation ?
« Depuis que je suis parti, je suis régulièrement les résultats du club. Je suis un peu déçu pour le club, et pour tout ce qui avait été fait avant que celui-ci se retrouve à ce niveau-là. Il y a tout pour réussir. C’est un club qui, au vu de ses infrastructures et de la ville, devrait être au moins en National 3. Ça me fait un petit pincement au cœur de les voir aujourd'hui en Régional 2, car ce n’est pas du tout leur place. »
Auch - Canet-en Roussilon : ce samedi 15 novembre à 20h au Stade Eric Carrière, entrée payante.
E.R