Une deuxième montée en deux ans pour le Tarbes Pyrénées Foot, au bout du suspense

Avec une deuxième montée en deux ans, l'ascension du Tarbes Pyrénées Foot résonne un peu plus à l'aune des difficultés du sport professionnel dans la capitale bigourdane. Le TPF évoluera dans quelques mois au sein du nouveau National 1, quatrième échelon du ballon rond français.

« Quand on a repris le club avec Carlos, l'objectif c'était le maintien en Régionale 1 ». A peine trois ans après l'intronisation de Patrick Desai et Carlos Amorim le TPF toque déjà aux portes du National 1. La faute un peu à cette refonte de la pyramide du football français qui fera la saison prochaine de l'ex-National 2 (ex-ex-CFA) le premier niveau semi-professionnel. La faute surtout à ce projet porté par les deux co-présidents et le coach revenu il y a deux ans en Bigorre, Marc Fachan « avec toutes les connaissances qu'il avait ». Des connaissances transformées en ascenseur infernal puisque l'ancien joueur d'Auxerre vient d'enchainer avec ses joueurs deux montées en deux ans.

« Depuis le début on avait décidé ensemble d'avoir des joueurs à 80% Tarbais »

Des accessions où les Tarbais ont su ménager le suspense. Après le barrage sur terrain neutre de l'an passé, le succès sur le gong à Blagnac de cette saison donne encore un peu plus de saveur au passage éclair du TPF en National 3. Encore menés à un quart-d'heure de la fin de la rencontre, les Pyrénéens ont su renverser leur adversaire du jour pour passer sur le fil Canet-en-Roussillon, battu dans le même temps à Arcachon, après vingt-six journées passées dans le peloton de tête. « Sur ce match on a joué vingt minutes je pense » explique l'autre co-président Carlos Amorim, présent en tribunes. « On perdait 1 à 0 et au pied du mur les joueurs ont tout lâché pour revenir au score parce qu'on connaissait le résultat d'Aracachon ». Un passage express en National 3 au nez et à la barbe d'écuries rompues aux joutes nationales et aux budgets et recrutements sur lesquels le club de Patrick Desai et Carlos Amorim ne peut ni ne souhaite vraiment s'aligner.

« Depuis le début on avait décidé ensemble d'avoir des joueurs à 80% Tarbais » défend le co-président Desai. Un modèle « terroir » qui porte aujourd'hui ses fruits pour l'équipe fanion - comme derrière puisque les équipes 2 et 3 vont aussi grimper d'un échelon et que les U17 ont remporté leur championnat - mais qui va désormais se heurter à la réalité d'un championnat beaucoup moins local. « Nous avons déjà commencé à rencontrer des sociétés concernant le transport, l'idée serait d'avoir la poule Bordeaux, Bayonne pour rester dans notre région et rencontrer de belles équipes » espère Patrick Desai, qui peut déjà compter sur la mairie et « son grand coup de main » en attendant « toutes les entreprises tarbaises, si on peut » afin de « présenter des comptes à la DNCG » (Direction Nationale du Contrôle de Gestion). Père Fouettard du football français, l'instance fait plusieurs victimes chaque année et le passif récent du sport professionnel bigourdan incite forcément à la prudence. La perspective de retrouver les Girondins de Bordeaux, elle, incite plutôt à l'optimisme. « Le sport c'est impressionnant. S'il y a trois ans on nous l'avait dit, on aurait rigolé. Mais le travail paie » conclut le président du TPF.

C.P : Facebook TPF

V.M