Restrictions d'usage de l'eau : le président de la Chambre d'agriculture du Gers réclame le retrait de l'arrêté, dénonçant des préjudices économiques majeurs

Le ton monte entre le monde agricole et l'Etat au sujet de la gestion de l'eau, dans une situation de sécheresse "exceptionnelle" et qualifiée de "très préoccupante" par le gouvernement. Le président de la Chambre d'agriculture du Gers, Lionel Candelon, appelle le préfet à revoir sa position cette semaine concernant le durcissement des mesures de restriction d'usage de l'eau pour l'irrigation, appliquées depuis le 18 juillet sur le système Neste et Rivières de Gascogne, pour permettre aux agriculteurs de sauver leurs productions. 

C'est un sujet brûlant en cette période estivale, déjà marquée par une sécheresse inédite et plusieurs épisodes caniculaires : les restrictions d'eau décidées par de très nombreuses préfectures face à une baisse jugée préoccupante des ressources en eau. C'est le cas dans le Gers, où la préfecture a renforcé les mesures de restriction d'usage de l'eau pour l'irrigation, appliquées depuis le 18 juillet sur le système Neste et Rivières de Gascogne.

Une décision qui a suscité de vives réactions dans le monde agricole, aussi bien du côté des syndicats agricoles que du président de la Chambre d'agriculture du Gers, Lionel Candelon, alors que de nombreuses cultures sont en souffrance. Ce dernier avait déjà alerté ces derniers jours sur les conséquences économiques du durcissement des restrictions d'irrigation, redoutant avec ses homologues des autres départements concernés jusqu'à 12 millions d'euros de pertes pour les exploitants du bassin Neste-Gascogne.

Dans une lettre adressée au préfet du Gers ce lundi, le président de la chambre consulaire dénonce cet arrêté, pointant du doigt ses « conséquences économiques, sociales et psychologiques majeures pour les irrigants et les filières », dans une période cruciale pour de nombreuses cultures. 

Lionel Candelon, président de la Chambre d'Agriculture du Gers : 

Le président de la Chambre d'agriculture conteste la légalité de l'arrêté

Un arrêté que le président de la Chambre d'agriculture du Gers qualifie également d' « illégal ». « Si les arrêtés sécheresse relèvent de la police de l'eau et vous confèrent la possibilité de cadrer l'usage de l'eau, ce pouvoir de police spéciale vous oblige également à justifier vos mesures et à prendre celles qui préservent au mieux l'intérêt général de l'agriculture, le droit de propriété et la liberté d'entreprendre. Toute disposition non conforme peut poser la question de la responsabilité de l'État et de la demande subséquente d'indemnisation des préjudices économiques, sociaux et moraux subis. En conséquence, nous vous demandons de procéder au retrait de l'arrêté actuellement en vigueur, entaché d'illégalité », peut-on lire dans le courrier, envoyé également aux élus et parlementaires locaux, ainsi qu'au chef de cabinet du Président de la République, Laurent Carrié, ancien Préfet du Gers. 

La chambre d'Agriculture qui demande l'organisation en urgence d'une réunion avec les représentants des fillières visant à réexaminer la situation au regard des données techniques. « Nos demandes sont uniquement motivées par la nécessité de protéger les irrigants, et donc les filières agricoles ainsi que les territoires, de dommages irréversibles, qui porteraient atteinte à la continuité même de la production sur nos territoires, mais également à sa transmission aux producteurs de demain. Il en va de l'avenir même de l'agriculture », conclut l'agriculteur gersois.

E.R