Suppressions de lits, baisses d’effectifs et réorganisations successives : à l’hôpital de proximité de Lombez-Samatan, les annonces budgétaires font craindre une dégradation majeure de l’offre de soins. Les syndicats FO et CFDT appellent à une journée de grève et de mobilisation, jeudi.
L’inquiétude est vive au sein de l’hôpital de proximité de Lombez-Samatan. Lors du comité social et économique du 9 décembre dernier, la direction a présenté les grandes lignes de l’EPRD 2025 et un budget prévisionnel déficitaire, communiqué aux représentants du personnel à la dernière minute. Un déficit qui sert aujourd’hui de justification à une nouvelle vague de restrictions, dénoncent les syndicats.
Parmi les annonces les plus marquantes figure la suppression programmée de douze lits de médecine. Une décision qui intervient après la fermeture de dix-neuf lits d’EHPAD, motivée par la non-conformité et la dangerosité des locaux, notamment au regard des normes incendie. À ces fermetures s’ajoutent des réorganisations internes ayant déjà entraîné la suppression de trois postes, tandis que de nouvelles baisses d’effectifs sont désormais envisagées. La cuisine de l’établissement n’est pas épargnée, avec des suppressions de postes annoncées. La réforme des SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) devrait également avoir des répercussions sur le personnel. Autant de décisions qui, selon les représentants syndicaux, auront des conséquences directes sur la prise en charge des patients. « Moins de capacité d’accueil dans un territoire rural à population vieillissante, des délais d’attente qui explosent, une dégradation de la qualité des soins et une mise en danger des populations », alerte la représentante FO du personnel. Du côté des soignants, la crainte est aussi sociale : collègues laissés sans emploi, équipes déjà épuisées soumises à une pression accrue, précarité imposée et sentiment de mépris face à l’engagement professionnel. Promesses de travaux, projet de nouvel établissement, accueil de jour pour les urgences de première nécessité ou encore installation d’un scanner : autant d’annonces restées sans suite, selon les syndicats. « Au lieu d’investissements, ce sont des lits et des postes qui disparaissent », regrettent-ils.
Face à ce constat, une intersyndicale FO-CFDT a déposé un préavis de grève pour la journée de jeudi, de 9 heures à 18 heures, avec un temps fort de mobilisation prévu à partir de 14 heures. Une pétition en ligne a déjà recueilli près de 1 300 signatures, tandis qu’une version papier en compte environ 700.
N.M