Sur plusieurs axes routiers majeurs du Gers, les opérations de nettoyage ont débuté à la suite des actions de contestation du monde agricole, menées face aux nombreuses problématiques rencontrées par la profession. Parmi les priorités figure la réouverture très attendue de la RD 1124, axe structurant reliant Auch à Toulouse, dont la portion entre Auch et Aubiet est fermée depuis plusieurs semaines.
Aux quatre coins du réseau routier départemental, les agents de la Direction Routes et Mobilités sont à pied d’œuvre depuis le début de la semaine afin de rétablir au plus vite la sécurité et la continuité de la circulation. En tête des chantiers : la RD 1124, où le trafic est totalement interrompu depuis plusieurs semaines dans les deux sens entre Auch et Aubiet, après d’importants déversements sur la chaussée. « Des dégradations importantes sont également observées sur les ronds-points de Saint-Cricq et de la Hurée, à Auch, nécessitant désormais des travaux lourds de remise en état », indique le Conseil départemental.
Une réouverture partielle de la 2*2 voies dans les prochaines heures
Dès lundi matin, de premiers travaux ont été engagés sur la RD 1124 à Pujaudran. « Ils ont consisté à la réfection du revêtement bitumineux sur plusieurs mètres, afin de réparer les dégradations causées par les incendies et le passage d’engins agricoles. Les agents du service des routes du département ont également commencé hier le nettoyage de la 2x2 voies entre Auch et Aubiet. » Les opérations devraient durer plusieurs jours, le temps d’évacuer "plus de 200 mètres cubes de lisier et de dégager les déchets (paille, pneus et autres détritus)."
Après la réparation de la chaussée, une voie de circulation pourra être rétablie dans un premier temps dans chaque sens, possiblement dès ce mardi après-midi, en fonction de l’avancée des opérations de nettoyage. Celles-ci ne peuvent se dérouler que de jour, et non de nuit. "Une fois qu'on aura dégagé, il va falloir bien nettoyer les voies de circulation pour éviter les phénomènes de glissance liées à la terre et au lisier qui a été épendus sur toute la longueur", précise Nathalie Rougeoreille, directrice Routes et Mobilités au Département du Gers.
Le coût des opérations de nettoyage est déjà évalué à plus de 5 millions d’euros par le département. « Cette facture ne tient pas compte des détériorations sur l’ensemble du réseau routier gersois, qui nécessiteront des travaux conséquents au détriment des finances publiques locales », précise la collectivité.
Alors que les actions de contestation du monde agricole se poursuivent, en « l’absence de réponses concrètes du gouvernement à leurs revendications », avec de nouveaux déversements signalés ces dernières heures à Samatan ou encore à Condom, le président du Conseil départemental en appelle à « la responsabilité collective ». « Toute reprise de mobilisations accompagnées de nouveaux dommages risquerait de compromettre ces interventions, au détriment de l’ensemble des Gersois. Le Gers est un territoire où agriculture, économie locale, mobilités et attractivité sont étroitement liées. Fragiliser les infrastructures routières, qu’elles soient structurantes ou secondaires, revient à pénaliser collectivement le territoire, y compris le monde agricole lui-même. »
Le président du département a également indiqué avoir adressé, la veille, un courrier au Premier ministre, Sébastien Lecornu, accompagné de la facture des opérations de nettoyage engagées sur le réseau routier.
CP : le département du Gers
E.R