Procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer évoque son parcours et la place des femmes dans la magistrature. Entre contraintes professionnelles, organisation familiale et évolution du regard de la société, elle encourage les femmes à ne pas s’imposer de barrières et à oser candidater à des fonctions de responsabilité.
Elle est à la tête du parquet d’Auch depuis novembre 2023. Clémence Meyer, 42 ans, incarne une fonction qui ne connaît ni horaires fixes ni routine, celle de procureure de la République. Entre permanences de nuit, week-ends d’astreinte, dossiers urgents « ce n’est pas toujours facile avec une vie de famille » concède-t-elle. « Il faut une gestion et une organisation très serrées ». Mais pour la magistrate, ces contraintes ne rendent pas la fonction incompatible avec une vie personnelle. « Sous réserve d’être organisée, c’est compatible. » Dans cet équilibre fragile, le soutien de l’entourage joue un rôle clé. « J’ai la chance d’avoir un conjoint disponible. C’est précieux pour occuper ces fonctions l’esprit libre. »
« Ne pas hésiter à candidater »
La question de la place des femmes à la tête des parquets reste posée. Si elles restent nombreuses dans la magistrature, elles demeurent moins présentes dans les postes de chefs de parquet. Pour Clémence Meyer, il n’existe pas forcément d’explication unique. Elle préfère surtout encourager celles qui hésitent. « Ce sont des fonctions pour lesquelles il ne faut pas hésiter à candidater, parce que c’est vraiment passionnant. »
Pas de remarque sexiste dans sa carrière
Au cours de sa carrière, la procureure assure ne jamais avoir été confrontée à des comportements déplacés. « J’ai eu la chance de ne jamais subir de remarques ou d’attitudes inappropriées. » Dans la magistrature, rappelle-t-elle, femmes et hommes sont soumis aux mêmes règles et à la même grille salariale. Finalement dans le prétoire, le genre importe peu. « Homme ou femme, on est procureur. On incarne la fonction avec sa personnalité. Certaines femmes peuvent l’exprimer avec plus de douceur, mais, dans tous les cas, on est respecté dans nos fonctions », affirme-t-elle.
À celles qui envisagent une carrière dans la magistrature, Clémence Meyer adresse un message simple : ne pas s’autocensurer. « Il ne faut surtout pas se dire qu’on est une femme et qu’on n’y arrivera pas. La règle, c'est de ne pas se mettre de barrières ».
N.M