Dans le Gers, comme le Tarn-et-Garonne, de nombreux surveillants étaient en grève ce mardi pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail


01 décembre 2020

Le ras-le-bol des assistants d'éducations plus connu sous le nom de "pions" en 1ère ligne dans les établissements scolaires, notamment en cette période de crise sanitaire pour assurer la surveillance et l'encadrement des élèves durant le temps scolaire. Evènement assez rare, bon nombre d'entre eux se sont mis en grève un peu partout dans le pays ce mardi afin de dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail depuis plusieurs semaines avec la COVID. C'était notamment le cas dans le Gers où la grève a été particulièrement suivie, notamment du côté du lycée du Garros à Auch et de Nogaro. En plus de leurs missions quotidiennes essentiels au bon fonctionnement des établissements scolaires, ils doivent depuis plusieurs mois faire respecter les différentes mesures du protocole sanitaire aux élèves entraînant une multiplication des tâches et donc une surcharge de travail. La goutte de trop pour une profession qui s'estime déjà "précarisée" et "peu considérée" au quotidien. Virginie est surveillante au lycée du Garros à Auch, l'un des plus grands établissements du département, elle se dit au même titre que ses collégues en "souffrance" et "fatiguée" par les conditions de travail actuelles.

“On fait ces derniers mois la police H24 pour faire respecter le protocole, c'est usant et pas notre job premier” 

“On a cette année ce protocole à faire appliquer, mais on n’est pas assez pour le faire respecter. On s'est également mis en grève car on estime que faire respecter ce protocole sanitaire ce n'est pas notre job premier. Là en ce moment on fait la police H24 dans les dortoirs et en journée. On est tout le temps derrière eux à leur rappeler les règles et au bout d'un moment c'est vraiment usant. Aujourd'hui on réclame en priorité des moyens humains. On nous demande aujourd'hui de se dédoubler et dans certaines périodes de la journée de se diviser en trois. Se dédoubler c'est déjà très compliqué, alors se diviser en trois, c'est encore moins faisable, c'est pour ça qu'il nous faut des moyens supplémentaires très rapidement.”

Un internat et un lycée fermés dans le Tarn-et-Garonne en raison de la grève

La colère était grande également dans le Tarn-et-Garonne. Ce mardi matin, une manifestation a eu lieu devant le lycée Bourdelle de Montauban. Et le mouvement de contestation a été très suivi dans certains établissements du département avec notamment la fermeture du collège Ingres de Montauban, tout comme l'internat du lycée Jean de Prades de Castelsarrasin la nuit dernière. Les assistants d'éducation (AED) réclament en fait un statut moins précaire, explique Jean-David Fauché, membre du collectif AED 82, créé il y a une dizaine de jours sur Facebook :

Des contrats d’un an renouvelable sur six ans

« Historiquement, ce poste était destiné à des étudiants. Et aujourd'hui, ce travail a totalement évolué. Nous sommes pour la plupart des trentenaires, et nous ne sommes plus étudiants. Le poste d'assistant d'éducation est devenu un vrai métier. Mais c'est aussi l'un des derniers métiers précaires de l'éducation nationale : nous avons des contrats d'un an renouvelables pendant six ans. Nous demandons d'appartenir à la fonction publique avec la possibilité d'être titularisé au bout d'une certaine période (2, 3, 4 ou 5 ans). Cela va permettre de garder dans les établissements un noyau d'AED formés et expérimentés. Au bout de cinq ou de six ans d’expériences, c'est là que nous commençons à avoir les pleines capacités pour exercer ce métier et aider les jeunes. Mais à l'heure actuelle, après ces années, on nous remercie en nous disant :« vous avez finis vos six ans, nous avons plus besoin de vous ». »

Une rencontre prévue avec le DASEN

Le collectif AED82 réclame également l'instauration d'une prime COVID. Le nombre de leurs tâches a augmenté ces dernières semaines afin de faire respecter l'application du protocole sanitaire dans les établissements. Une rencontre a lieu ce mardi midi entre des membres du collectif et Pierre Roques, le DASEN du Tarn-et-Garonne, représentant de l'académie dans le département. A moins d'une avancée, le collectif n'exclut pas d'autres journées de mobilisation dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Une assemblée générale du mouvement doit en décider.

F.P et E.R

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