Ségur de la santé : le député Cazeneuve s'est rendu dans les locaux de la CGT hier soir


04 décembre 2020
Une centaine de manifestants a défilé hier matin dans les rues d'Auch pour dénoncer l'inaction du gouvernement face aux « oubliés du Ségur de la santé ». Des professionnels du médico-social, entre autres, « zappés » par l'Etat dans la revalorisation de leur salaire et qui laisse place aujourd'hui à plusieurs dizaines de manifestations un peu partout dans l'Hexagone. En fin de journée, une rencontre de deux heures s'est déroulée, non pas à la permanence du parlementaire comme initialement prévu, mais bien dans les locaux de la CGT du Gers, histoire de faire respecter les mesures sanitaires en vigueur entre le député de la majorité Jean-René Cazeneuve et une délégation de syndicats. Une réunion « d'alerte » selon Christophe Bukovec, secrétaire départemental de la CGT Santé. « On a abordé toutes les problématiques autour du Ségur. Au-delà de la revalorisation salariale, on voulait surtout pointer du doigt la concurrence entre les établissements que ce Ségur entraîne, puisqu’on a déjà un manque cruel d'aide-soignants et d'infirmiers. Ce Ségur va le creuser. Le député y a visiblement été sensible ». Dans le Gers, plus de 5 000 personnels ont, selon le parlementaire, déjà bénéficié d'une aide « exceptionnelle du gouvernement ». « Certains cas sont une zone grise, à la limite de la règle. Aujourd'hui, plusieurs milliards d'euros ont été débloqués. Depuis la création de la sécurité sociale c'est historique, reprend le député. Mais il est vrai que certains personnels, en nombre marginal et qui occupent des fonctions similaires, n'ont pas eu cette prime et je me suis engagé à continuer le travail auprès du gouvernement pour qu'ils en bénéficient. Je reste optimiste car quelques personnes méritent cette revalorisation ».
ppppp.jpg (126 KB)
 
Désertification médicale, encore ?
Mais s'il y a bien un point -majeur- sur lequel l'avis du parlementaire n'est pas en adéquation avec les craintes du syndicat, c'est au sujet d'une potentielle désertification médicale qu’entraînerait le Ségur. « Franchement, ce n'est pas le Ségur qui va créer ce problème. On manque de médecins parce qu'il y a 10 ans, on n'a pas pris les bonnes décisions. Avec ce Ségur de la santé, on va avoir une augmentation d'élèves infirmiers de 10%, nous avons surprime le numerus clausus il y a deux ans et ça portera ses fruits dans les prochaines années ». Des arguments qui n'ont pas l'air de convaincre le syndicat. « On a toute la question de l'attractivité des métiers qui est remise en question avec ce Ségur, regrette Christophe Bukovec. C'est vrai que la casse de l'hôpital public remonte à 2003, on ne peut pas inculper le gouvernement actuel sur tous les points. Mais le retard accumulé est important et il va être difficile à combler. On va avoir une concurrence entre établissements, on arrive déjà pas à pourvoir les postes ». Une question qui devrait être à nouveau soulevée demain à l'occasion d'un mouvement à caractère social contre la précarité. Une intersyndicale appelle à la mobilisation à 11 heures, à Auch, sur la place de la Libération. 
N.M

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article