Pas d'événement, mariages réduits : dans le Gers, les photographes avancent masqués


13 janvier 2021

La perspective d'un vaccin pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 permettra t-elle aux couples de pouvoir s'unir civilement devant plus de six personnes, comme les mesures gouvernementales le stipulent aujourd'hui? L'avenir le dira. Mais s'ils pâtissent de la situation sanitaire, retardant le moment leur union par crainte de nouvelles restrictions cette année, les professionnels qui gravitent autour de l'événement ont dû s'adapter eux aussi, dans l'attente de jours meilleurs. Ceux qui immortalisent le jour où ils se sont dit « oui », les photographes, il en existe une dizaine dans le département du Gers. Depuis le début de la crise, entre l'interdiction de célébrer l'événement jusqu'à son autorisation mais obligeant un nombre maximum de six personnes à la mairie et 30 dans les lieux de culte, leur activité a clairement chuté. Au Brouilh-Monbert, le photographe professionnel Jérôme Narbonne a vu son activité quasiment à l'arrêt cette année. Mariages, réceptions d’entreprise, événementiel : les contraintes actuelles sont trop lourdes pour lui permettre de garantir son travail à temps plein. « J'ai fait 5 mariages entre juillet et août cette année, j'avais l'habitude d'en faire une quinzaine avant. Côté événement, le dernier en date remonte à presque un an, c'était sur Toulouse. Avant c'était un shooting tous les trois jours et une centaine d'événements par an. Aujourd'hui, c'est à peine 60 ». Une claque pour cet entrepreneur. Mais loin du fatalisme, Jérôme a su s'adapter. « J'ai dû diversifier mon offre et faire autre chose. Je me suis formé pour répondre aux appels d'offre. Développer mes compétences en vidéo et dans la pratique du drone. Les plus touchés sont ceux qui se sont spécialisés dans le mariage ».

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Mariage masqué dans le Gers. CP : Sébastien Lannes. 

La mise au point

Une activité centrée sur les photos de mariage, c'est le cas de Jérome Salles, à Auch. Sa production a aussi été divisée par trois depuis le début de l'épidémie. Pour la dizaine de mariages qu'il a pu couvrir depuis juillet, il a été contraint de repenser sa méthode de travailler. « Il faut réfléchir à comment aborder certains types de reportages. Avec les gestes barrières, il faut créer des distances, dans des contextes plus élargis. C'est le travail d'un photographe de s'adapter. Le dernier mariage que j'ai pu couvrir en décembre, les mariés étaient masqués jusqu'à sceller leur union. Mais on peut aussi en jouer. J'ai vu des mariages avec un code vestimentaire adapté, des phrases sur le masque des témoins ou des mariés. On est toujours là pour faire ressortir l'émotion ». Si Jérôme est parvenu à couvrir quelques événements en 2020, cette nouvelle année s'annonce tout aussi difficile. Les mariés eux, repoussent déjà la date de leur mariage à 2022. « J'ai déjà six réservations pour l'année prochaine. Ils veulent un mariage « normal », sans restrictions, comme ils le souhaiteraient. Pour eux, ce sera l'an prochain ».

N.M

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