Ouverture des stations de ski : la crainte d'un effet boule de neige


24 novembre 2020
Les stations de ski pourront-elles ouvrir en cette fin d'année? La question a été débattue hier à Matignon et le cabinet du Premier ministre a indiqué qu'une décision serait prise d'ici une dizaine de jours. De son côté, le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, ne devrait pas aborder la question ce soir lors de son allocution télévisée. Pour Laurent Garcia, directeur de la station de ski de Peyragudes dans les Hautes-Pyrénées, l'heure est malgré tout à l'optimisme.  
 
 
 
Les vacances de fin d'année approchent et la décision se fait attendre. Vous êtes dans quel état d'esprit aujourd'hui?
On est dans un état d'esprit d'ouverture, qu'on tente de parfaire avec des contraintes sanitaires pour les salariés et les clients. On discute avec les commerçants pour trouver la meilleure adaptation possible. Dès que les clients pourront se déplacer, on sera prêt à les accueillir.
 
Les stations de ski pourraient ouvrir indépendamment des métiers de bouche?
C'est viable dans la mesure où on voit ce qui se passe en ville. Ces métiers peuvent proposer des alternatives comme le drive, qui se développe beaucoup. Les clients auront un endroit en plein air où se poser. On aménage actuellement des endroits, comme des tables de pique-nique pour pouvoir préparer l'accueil. Ce n'est évidemment pas la meilleure des situations mais on met tout en oeuvre pour les accueillir. On attend le discours du président ce soir, notamment sur les restrictions de déplacement. 
 
Vous êtes optimiste?
Oui, je crois à une ouverture progressive. Les commerces d'abord avec des mesures spécifiques puis la levée des restrictions de déplacement pour que les vacances en famille soient à nouveau possible. En tous cas, on est capable de mettre un dispositif en place et on sait qu'à Noël, les nuits tombent tôt. Ce ne sera pas dur à faire appliquer. Mais qu'est-ce qui ferait qu'on puisse aller à Biarritz, Cannes ou encore La Baule et pas dans une ville de ski? Les gens ont des résidences secondaires ou de la famille. J'espère que le bon sens l'emportera. Ici, on travaille main dans la main avec les élus.
 
Il y aura donc un protocole sanitaire spécifique vous concernant. Dans le cas où vous ne pourriez pas ouvrir, quelles seraient les conséquences?
Si on tire un trait sur ces vacances, c'est plus de 20% du chiffre d'affaires de l'hiver qui va nous échapper. Il faudra avoir un minimum de dépenses, on aura un personnel au chômage partiel en majorité, le temps de la réouveture avec un minimum d'effectif pour le damage. Il y aura aussi un travail administratif pour suivre les clients. Mais ce serait un scénario extrême, qu'il ne faut pas occulter. Mais j'ai espoir que ce ne soit pas ça. 
 
Vous accusez un certain retard sur les réservations? 
Oui, sans surprise. On était -13 % la semaine dernière et ça va commencer à se creuser. Selon les annonces, j'espère qu'on va relancer la machine. Sinon on s'adaptera à la dernière minute avec la qualité de l'offre pour convaincre les clients. Ce n'est pas irrécupérable et on mise beaucoup sur la clientèle régionale. 
 
 
 
Propos recueillis par N.M

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