Laëtitia Pachoud, première femme présidente du Comité départemental de Rugby du Gers


07 décembre 2020

Une femme à la tête du rugby gersois : c'est une première. La liste unique "Gers Horizon 2024" conduite par Leaticia Pachoux a été élue, samedi 5 décembre, par les 26 clubs amateurs gersois lors de l'assemblée générale du comité départemental. Elle est donc élue nouvelle présidente succédant ainsi à Jean-Louis Munari qui a décidé de laisser sa place pour des raisons personnelles. C'est donc une nouvelle étape dans la carrière de la Lectouroise de 44 ans déjà bien connue dans le monde de l'ovalie pour occuper depuis 2016 la fonction de vice-présidente de la Fédération française de Rugby en charge des solidarités. Elle réjouit de pouvoir apporter sa pierre à l'édifice dans l'accompagnement et le développement du rugby gersois. Entretien. 

Laëtitia, une nouvelle étape dans votre carrière, vous avez été élue ce week-end présidente du Comité départemental de Rugby du Gers, quelle est votre sentiment suite à cette nomination ?

"Je suis ravie déjà pour moi en premier (rires). C'est aussi une marche supplémentaire et une consécration après la victoire nationale au mois d'octobre (NDLR, élection de Bernard Laporte). Les clubs gersois m'apportent leur confiance donc j'en suis ravie. Je suis également ravie pour toute mon équipe qui a eu la folie de me suivre lorsque je leur ai proposé cette liste pour la continuité du Comité départemental (CD32). Donc, beaucoup de satisfaction, de plaisir et en toute humilité beaucoup de fierté à représenter le Gers à la Ligue Occitanie aujourd'hui et à la Fédération une nouvelle fois.

Vous succédez à Jean-Luis Munari qui a fait le choix de ne pas se représenter, il a été très élogieux envers vous dans la presse locale, quelle image avez-vous de votre prédécesseur ?

“Prendre la succession de Jean-Luis Munari ce n'est pas anodin. La passation samedi matin après la proclamation des résultats était remplie d'émotions. J'espère en tout cas faire aussi bien que lui. Depuis janvier 2020, il nous accompagne et nous informe sur les dossiers. Jean-Luis a été très présent cette année et a bien préparé sa succession. D'ailleurs, nous avons fait le choix de mettre en président d'honneur, Jean-Luis Munari et Jean-Jacques Morlan, les deux derniers présidents du CD 32. Leurs expériences, leurs savoirs et leurs connaissances du terrain seront indispensables à notre bon fonctionnement. Ils savent qu'ils sont chez eux au comité départemental.”

Est-ce que vous pouvez nous éclairer sur les missions du Comité départemental de rugby ?

"Aujourd'hui le Comité départemental a à sa charge tout ce qui est lié au développement du rugby de manière générale et de toutes les sortes de rugby (rugby loisir, entreprise, rugby sport santé, à 5, à 7, etc..). Pour toutes les nouvelles pratiques le développement est à la charge du comité. Donc il faut être novateur et avoir des cadres techniques sur le terrain pour faire découvrir la pratique et la maintenir. Il y a également l'accompagnement des clubs qui est devenu une priorité pour la Fédération. Et qui mieux armé qu'un comité départemental, qui est vraiment au premier contact des clubs, pour les accompagner. Donc aujourd'hui, l'accompagnement des clubs se fait par le comité départemental, on est devenu aujourd'hui un des premiers liens. Nous aurons d'ailleurs des personnes dédiées sur la liste qui seront en charge de l'accompagnement des clubs.

Vous avez de nombreux objectifs pour le rugby gersois, quel est votre objectif prioritaire ?

“Le grand objectif est de se structurer le comité départemental du Gers pour pouvoir pallier à l'arrivée des nouveaux licenciés qui seront là dès 2023.”

Parmi vos objectifs, il y a notamment cette volonté de féminiser davantage le rugby gersois ?

“Le développement de la pratique féminine même si elle augmente, c'est devenu aujourd'hui une priorité. Aujourd'hui, on a Marion Germier, qui est notre cadre technique départementale qui est en charge du développement féminin, qui va s'y consacrer vraiment beaucoup à partir de la rentrée septembre 2021. Pour la première fois, cette année, les stages d'été seront mixte. On commence à féminiser et à ne plus faire de distinction entre les filles et les garçons. L'objectif est de proposer aux filles la même possibilité de pratique que les garçons.”

Pour rester sur le sujet de la féminisation dans le rugby, vous avez été la première femme directrice technique d'un match au niveau national, première présidente du comité départemental Gersois, grâce à votre travail de terrain, on remarque que les mentalités évoluent progressivement et que le rugby se féminise même dans ses instances tant au niveau national que local ?

"Effectivement, c'est la première fois que le Comité départemental du 32 a une femme à sa tête. La féminisation des instances, elle est là dans le Gers, puisque nous avons 5 femmes dans la liste "Gers Horizon 2024", on est donc bien au-delà de ce que nous impose la loi. Mon objectif est d'amener un regard différent sur ce terrain qui est plutôt réservé aux hommes. Aujourd'hui au niveau national, 4 femmes sont depuis samedi présidentes de comités départementaux. 4 sur 90 on ne peut pas dire encore qu'on est bien avancé. Mais bon en tout cas c'est 4 nouvelles femmes, 4 nouvelles visions, 4 possibilités d'amener des idées différentes. Pour le Gers, c'est pareil, c'est 5 femmes qui sont dynamiques et qui ont des activités à responsabilité dans leur club. Et qui aujourd'hui vont prendre des responsabilités au sein du Comité."

Des propos recueillis par E.R

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