La grève de la faim à Paris n'a rien donné pour Cédric, il reste toujours sans nouvelles de sa fille


30 novembre 2020
Depuis plusieurs mois, la rédaction de Hit FM Radio suit le combat de Cédric Shaurli. Dans sa lutte consacrée à sa fille Meriem, kidnappée par sa mère il y a cinq ans en Algérie, cet Auscitain sent que le combat patine en cette période de crise sanitaire impliquant la fermeture des frontières. Malgré une tentative de grève de la faim sur la place Vendôme à Paris il y a quelques jours, les autorités françaises restent sourdes à ses revendications.
 
Comment s'est déroulée cette grève de la faim à Paris dans laquelle vous aviez placé beaucoup d'espérance ?
J'allais à Paris pour porter des revendications au plus haut sommet de l'Etat, pour le retour de Meriem comme elle a le droit de le faire en faisant jouer les conventions entre les deux pays. La manifestation a été un échec avec peu de personnes devant le ministère de la Justice. Ça a été un coup au moral mais j'ai quand même fait cette gréve de la faim en espérant un dialogue avec les autorités.
 
Il y a eu un échange ?
Oui par téléphone avec une proposition de rendez-vous mais il n'y avait derrière aucune volonté d'agir, donc ça n'a pas eu lieu. Il n'y a pas de volonté de nous aider. On est condamné à faire des compte-rendus de ce qui se passe en Algérie et on est livré à nous-mêmes. Les autorités françaises, clairement, ne font rien pour nous.
 
D'autres parents étaient présents ?
Il y a tellement de cas en France. A la manifestation il y avait une grand-mère dont le petit-fils a été enlevé par sa mère mexicaine. Quelque soit le pays la problématique est la même. On veut une action des autorités françaises mais je le répète, c'est le néant. Là c'était un petit Diego, son père en France est désarmé.
 
Plusieurs affaires vous concernant sont en cours en Algérie mais la crise sanitaire n'arrange rien...
Le gros problème c'est que la justice n'attend pas et suit son cours en Algérie. Je suis bloqué ici, et je ne peux pas me défendre comme il le faudrait. Il y avait un procès intenté contre ma page Facebook, je m'y étais présenté en première instance mais le parquet d'El-Harrach avait fait appel de ma relaxe et j'ai appris que le procès avait été rejoué en appel sans ma présence. Ils savaient pertinemment que les frontières algériennes étaient fermées 
 
Les sacrifices se multiplient vous concernant ?
C'est un empilement de procédures depuis 4 ans, j'ai dû vendre ma voiture pour pouvoir honorer l’avocat qui se bat là-bas pour moi en Algérie. Je suis en train de rassembler les affaires de Meriem : son lit, sa chaise haute, sa poussette. Je n'arrive pas a m'en débarrasser mais je vais être contraint de vendre pour payer les prochains voyages et les prochaines procédures.
 
Avec l'espoir de retourner en Algérie récupérer Meriem ?
Bien sûr, le but est d'essayer de la revoir, de recréer un lien et retrouver un sentiment de liberté depuis que j'ai perdu ma fille. Des choses que tout le monde pourrait faire avec son enfant. J'aménage une chambre pour elle en ce moment, pour maintenir sa présence, mais je reste avec mes souvenirs.
N.M

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