« L'influenza aviaire n'est pas transmissible à l'homme par l'alimentation, nous pouvons continuer à déguster en toute sécurité nos bons produits du terroir» rappelle le ministre de l'Agriculture


12 janvier 2021
Alors que les élevages du Gers, comme l'ensemble du Sud-Ouest, traversent une nouvelle crise de la grippe aviaire, la troisième en quatre ans, c'était une visite particulièrement attendue, celle du Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, qui a passé toute la journée hier dans le département. Comme lors de son déplacement dans les Landes il y a quelques jours, Julien Denormandie ne s'est pas rendu dans des élevages touchés, mais a multiplié les réunions tout au long de la journée avec les acteurs de la filière avicole, les services de l'Etat, les élus locaux et les organisations syndicales agricoles. En plus des mesures tout récemment annoncées, le Ministre a annoncé dans le Gers des moyens supplémentaires pour lutter contre le virus et annoncé des premières indemnisations à venir très rapidement pour les éleveurs touchés. Interview. 
M.le Ministre, comment évolue l'épidémie d'Influenza aviaire dans le pays ? 
“Notre pays traverse un épisode sérieux d'influenza aviaire qui touche au moment où je vous parle 6 départements, dont le Gers. Cet épisode d'influenza aviaire touche dans le Gers 6 élevages avec 5 suspicions additionnelles qui se sont révélés depuis dimanche soir. Face à cet épisode d'influenza aviaire, nous prenons des mesures drastiques. D'abord, dans le département des Landes, qui est le principal foyer de présence d'influenza aviaire avec plus de 170 élevages touchés. Mais également, des mesures drastiques dans tous les départements touchés. Avec un seul objectif : contenir l'avancée du virus de l'influenza aviaire. L'influenza aviaire est un virus de la volaille, c'est un virus qui n'est pas comme celui qu'on observe dans notre pays aujourd'hui (NDLR, le Coronavirus) transmissible à l'homme. Je le dis et le redis, continuons à manger du canard, du poulet, des oeufs, du foie-gras, il n'y absolument aucun risque. Cet influenza aviaire n'est pas transmissible à l'homme par l'alimentation donc nous pouvons continuer en toute sécurité à déguster nos bons produits du terroir.”
Quelle est la stratégie du gouvernement pour tenter d'enrayer la propagation du virus ? 
“Il faut accompagner nos éleveurs qui sont dans la souffrance face à ce virus qui détruit les volailles et palpimèdes qu'ils élèvent. L'influenza aviaire que nous avons aujourd'hui est très contagieux entre les palmipèdes. Le virus de l'année 2020/2021 est peut-être même plus contagieux que lors du dernier épisode en 2016/2017. Face à cela, nous avons trois principales actions que nous mettons en oeuvre. La première action, c'est de prévenir la propagation du virus en faisant un abattage drastique et massif dans une zone de cinq kilomètres autour de chaque foyer qu'on identifie. Dans le département des Landes, c'est plus de 600 000 palmipèdes qui ont été abattus. Ici, dans le département du Gers, c'est plus de 50 000 palmipèdes qui ont été déjà dépeuplés. Nous allons continuer à renforcer les capacités d'abattage. J'ai décidé en lien avec l'interprofession et les élus locaux de réquisitionner notamment un abattoir dans le Gers pour pouvoir mener à bien ces opérations. Pour les accompagner, il faut également les aider d'un point de vue financier. C'est pourquoi, nous avons décidé de mettre en place des indemnisations. A chaque abattage, il y a une indemnisation totale prise en charge par l'Etat. Je souhaite surtout que cette indemnisation soit rapide. C'est pourquoi, nous avons décidé de procéder par des avances sur les indemnisations pour qu'elles puissent arriver rapidement. Puis, le troisième volet de l'action, c'est de tirer les conséquences de ce que nous traversons aujourd'hui. En lien avec la profession, avec les élus locaux, il faut se demander comment sur la durée nous sommes en mesure de se prémunir contre ses épisodes d'influenza aviaire, quelles sont les mesures de biosécurité que nous devons mettre en place. Dans le cadre du volet agricole du plan de relance, ce sont plusieurs dizaines de millions d'euros que nous allons consacrer spécifiquement au renforcement des mesures de bio-sécurité, je crois que c'est très important.”
Que pensez-vous de la solution du vaccin ?
"C'est une question qui est légitime, au sens, où beaucoup de gens se la posent. Evidemment, il faut y apporter des éléments de réponse. Au moment où je vous parle, il n'y a pas de vaccin qui est homologué dans notre pays, ni au niveau européen. Ce qui fait que pour éteindre l'incendie, ce n'est pas une solution. Autre problème du vaccin, c'est qu'il empêche bon nombre d'éleveurs d'exporter leurs produits du terroir vers des pays qui n'autorisent pas l'importation de produits vaccinés, car ils craignent que le palmipéde vacciné soit un porteur dit sain du virus, c'est-à-dire qu'ils portent en lui le virus, mais ils ne manifestent pas de quelconques signaux cliniques laissant à penser qu'il est influenza aviaire positif, et donc la conséquence, c'est que si la solution du vaccin consiste à fermer les débouchés ça n'est pas une solution."
E.R

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