Gers - Réouverture de la pêche : de nombreux "grands lacs" toujours interdits d'accès, le président de la fédération de la pêche du Gers monte au créneau


27 mai 2020

Après deux mois sans avoir pu pratiquer, les 8000 pêcheurs gersois attendaient le déconfinement avec impatience. Une joie qui a très vite laissé place à de la frustration. En effet, la pratique de la pêche est loin d'être autorisée partout sur le département, elle est même très limitée. Un décret applicable sur l'ensemble du pays depuis le 12 mai "interdit l'accès aux plans d'eau et aux lacs". Les maires peuvent toutefois demander des dérogations depuis plusieurs jours. Chose faite dans le Gers, où la majorité des lacs communaux que compte le département ont pu rouvrir ces derniers jours grâce à l'accord de la Préfecture. Avec pour la plupart, une pratique de la pêche de nouveau autorisée. Reste toutefois un problème de taille celui : des grands lacs, les lacs dits d'irrigations, le Gers en compte près d'une cinquantaine qui restent fermés, faute de dérogations. La pêche à la ligne y est donc interdite, sous peine d'amende.

La pêche autorisée dans les rivières et une grande partie des lacs communaux, pour les autres plans d'eau c'est interdit

Une situation qui exaspère, René Loubet, le président de la Fédération de Pêche du Gers. "Le 11 au matin, on pouvait pêcher partout et le 12 je reçois un arrêté comme quoi on ne peut plus pêcher. Sauf, dans les rivières, mais vu la couleur des rivières, elles étaient très hautes le 11, du coup on était coincé, la pêche terminée. Alors, maintenant ce qu'il faut faire, c'est appeler les maires pour qu'ils fassent une dérogation pour pouvoir aller pêcher. Les maires pour les lacs communaux l'ont fait, il n'y a eu aucun problème. Par contre, pour les grands lacs comme l'Astarac, Miélan, ou encore l'UBY, personne n’a fait la demande et ces lacs sont encore fermés à la pêche. Ces maires de ces communes-là, ça ne les intéresse pas de faire une demande de dérogation, car ils vont avoir la responsabilité et en plus ce n’est pas à eux." Ces "grands lacs" sont, en effet, propriété de 3 institutions ( Département, Coteaux de Gascogne, institution Adour), qui ont donné leur approbation pour une réouverture de ces sites selon la Fédération. Une autorisation symbolique, puisque c'est seulement sur demande formulée par les maires que ces lacs peuvent rouvrir, selon le décret en vigeur. 

"Qu'est-ce qu'ils risquent les pêcheurs avec le virus ?"

Ascension, Pentecôte, alors que les longs week-ends s'enchainent, René Loubet, dénonce des décisions préjudiciables pour l'activité touristique qui redémarre progressivement. Le Gers étant réputé auprès des départements voisins pour la pêche aux carnassiers ou encore aux carpes. Certains n'hésitant pas chaque année à poser leurs lignes, mais également leurs valises dans le département pour plusieurs jours. "On a énormément de personnes qui viennent dans le département pour la pêche. Ça fait vivre les communes, que ce soit Miélan, Cazaubon, car ces gens de l'extérieur qui viennent pêcher, restent plusieurs jours. On se plaint que le tourisme ne marche pas, mais malheureusement on nous met des bâtons dans les roues. C'était pourtant facile d'ouvrir ces lacs de campagne où il n'y a pas un chat. Qu'est-ce qu'il risque les pêcheurs avec le virus ? Ils ont déjà le virus de la pêche, c'est déjà pas mal", ironise le responsable de la pêche dans le département. Concernant les règles de distanciation physique (1m au minimum) à respecter en cette période de crise sanitaire, il coupe court. "Il n'y a aucun risque. Ils sont loin, les uns des autres. Ils sont au moins à 30 mètres."

La Fédération touchée de plein fouet par le confinement avec une baisse de 27% des cartes de pêche sur le territoire

Pour René Loubet, la réouverture de la pêche sur l'ensemble du territoire est "vitale" pour la Fédération, pour tenter de limiter la casse. Comme beaucoup d'autres associations du département, elle a été fortement impactée par cette période de confinement, avec une baisse significative du nombre de cartes vendues par rapport à la même période l'an passé. "On a vendu 27% de cartes de pêche en moins. Ça fait 60 000 euros de perdu. C'est l'équivalent d'un aménagement comme à Miélan avec mise à l'eau, parking, etc. J'ai également 7 employés, il faut les faire vivre, il faut les payer à la fin du mois. J'enverrais la facture à la Préfecture, je vais leur faire voir combien on a perdu exactement depuis le début de l'année." Les espoirs de René Loubet et des 8000 licenciés que compte le département reposent désormais sur les épaules du Sénateur du Gers, Franck Montaugé, qui a indiqué qu'il ferait remonter très prochainement ses doléances au Sénat. Témoignage à retrouver dans nos éditions de la matinée.

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article