Deux leaders de la CGT verbalisés pour la distribution de lanternes en vue du 1 er mai


30 avril 2020
Ce n'est une surprise pour personne, le traditionnel défilé de l'intersyndicale à l'occasion du 1er mai, demain vendredi, est avorté en raison du contexte sanitaire exceptionnel dans lequel le pays se trouve aujourd'hui. Pas de rassemblement donc, mais le volonté farouche pour les syndicats gersois de montrer l'union et la mobilisation en cette date symbolique. Comme nous l'annoncions sur notre antenne, les organisations ont décidé d'organiser un lâcher de lanternes depuis leur domicile -respectant donc le confinement- demain vendredi, à 22 heures. Mais la distribution des fameuses lanternes mardi matin a été écourtée par la présence d'un équipage de police, sous les ordres de la direction. Deux leaders ont été verbalisés à hauteur de la zone de l’hippodrome : Eric Cantarutti, secrétaire général de la CGT du Gers, et Eric Llados, le porte-parole du syndicat. Ce dernier a bien voulu répondre à nos questions. 
 
Ces verbalisations, vous les comprenez ou elles vous paraissent injustes? 
 
Totalement injustifiées. On a pris toutes les mesures nécessaires, on s'est calés sur le système qu'a mis la ville d'Auch en place, comme avec l'accord de la préfecture pour le drive fermier, et il nous semblait que c'était une action syndicale comme une autre. Je ne comprends pas la décision, on avait une attestation pour chaque organisation syndicale respective. Le préfet de Région a indique qu'en respectant les gestes barrières, les actions des organisations syndicales pouvaient être maintenues. Le 1er mai représente beaucoup de choses, on a tout fait pour respecter la loi en vigueur et là on vient nous porter un coup très mesquin, à la limite de la provocation.
 
Vous allez contester les amendes?
 
On ne connait pas encore le montant, on devrait les recevoir par La Poste. Il faut passer par le tribunal de police et c'est la commissaire qui décide si l'amende est maintenue. Donc on essaie de voir, on se rapproche d'avocats, de la confédération. Après, beaucoup de camarades m'ont dit qu'ils allaient nous aider à payer. Ce n'est pas le problème financier mais plus philosophique et de fond. En gros, pour moi, on essaie de nous faire payer pendant la crise sanitaire les pots cassés. Il me semble qu'on a des combats justes, nos revendications ne sont pas excessives. Là pour le coup, on cible la CGT selon moi. 
 
Vous allez demander des comptes après la crise? 
 
Il y a pleins d'incohérences. L'Etat nous encourage à reprendre le travail aujourd'hui mais il en manque de partout, on fait comment? On ne va pas se laisser faire, on défend quelque chose de juste, on défend la justice sociale. On sera au rendez-vous après la crise, et on sera nombreux croyez-moi. 
 

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