D'apatride à « sans papiers », l'itinéraire chaotique de Hanadi


26 mai 2020

Hanadi est arrivée en France il y a trois ans. Le Koweït, le pays qui l'a vue naître, elle l'a quitté avec ses parents dont elle n'a plus de nouvelles aujourd'hui. La dernière fois c'était au Danemark, le premier pays d'Europe vers lequel elle s'est dirigée pour construire une nouvelle vie. Si sa famille a fui ce pays arabe du Golfe persique, c'est que la situation devenait intenable. Hanadi a passé son enfance dans le désert koweïtien, au milieu du vide, du néant si ce n'est le sable pour seul repère. Une vie de « Bidoun », des bédouins marginalisés. Un handicap terrible que vivent plusieurs milliers d'habitants, souvent persona non grata dans les grosses métropoles du pays. A tel point qu'ils sont sans papiers. Sa famille n'avait d'autre choix que l'exil. « On ne vivait pas en sécurité, on n'avait pas de papier là-bas. Pas le droit au travail, pas d’assistance, pas de soins. On voulait la même vie que les citadins mais ça n'a jamais été possible ». Le périple commence au Danemark, au nord de l'Europe. 4 ans là-bas avant d'immigrer vers la France en 2017. Paris, Toulouse, Auch. Depuis, sa situation est point mort. Hanadi est seule. Si ce n'est l'association Regar à Auch qui soutient financièrement la jeune femme de 22 ans. Mais sa demande d'asile n'a toujours pas de réponse malgré les tentatives. Elle est même priée de quitter son logement dans les prochaines semaines. Une situation dramatique qui la pousse il y a une semaine à se jeter d'un pont, à Auch. « J'ai décidé de sauter, je voulais en finir, je ne me voyais pas continuer dans cette situation sans travail, à ne rien faire de ma vie. Les pompiers m'ont sauvée et je peux être que reconnaissante. Ils ont risqué leur vie pour sauver la mienne. » Un geste qu'elle regrette aujourd'hui. Elle, qui se destine d'ailleurs à devenir pompier un jour. « J'ai toujours aimé ce métier-là. Mais avant, il faut qu'on me donne l'opportunité de travailler, je suis venue en France pour cette raison. Je veux juste que le gouvernement prenne conscience de la situation dans laquelle se trouvent les réfugiés aujourd'hui. L'attente c'est très dur ». Témoignage à retrouver dans nos éditions de la matinée. 

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