Crise de la COVID : "l'artisanat résiste plutôt bien depuis le début de cette pandémie", selon le président de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat du GersE


06 mars 2021

En cette période de crise économique et sanitaire inédite, le président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat du Gers, Guy Sorbadere, multiplie depuis le début de l'année les visites de terrain. Objectif : prendre le pouls auprès des entreprises artisanales gersoises et faire remonter leurs préoccupations. Il était notamment à Auch et à Montaux les Créneaux cette semaine. Une opération qui est loin d'être une nouveautée, mais qui prend toute son importance dans le contexte actuel. Si le tissu économique local en particulier le secteur de la restauration et la filière aéronautique sont touchés de plein fouet par cette crise, le monde de l'artisanat limite la casse, selon son président. Entretien.

Comment se porte l'artisanat gersois ?

"Je pense que l'artisanat résiste bien depuis le début de cette pandémie et s'en sort bien malgré tout. Quand on regarde les chiffres, on se rend compte que c'est dans la ruralité que les artisans s'en sortent le mieux. La raison ? Je pense que c'est parce que dans les territoires ruraux les clients ont toujours les mêmes besoins."

Un impact limité, grâce également à la faculté des artisans à innover et à se réinventer dans cette période compliquée ?

"Innover, c'est dans l'ADN des artisans. Ils ne cessent d'être inventif au quotidien. Je n’aime pas forcément ce terme, mais certains fonctionnent en mode start-up. Dès qu'il y a quelque chose qui ne marche plus ou qu'ils ne peuvent plus le faire, ils se réinventent et font autre chose. Je prends l'exemple d'un charcutier-traiteur, chez qui je me suis rendu récemment. Son activité de traiteur est arrêtée, mais il a décidé d'aller livrer les gens, de prendre des commandes, de continuer à faire son travail sans son activité principale de traiteur. Je me suis rendu également chez un brasseur qui continue à rester actif malgré la période plutôt compliquée avec la fermeture des restaurants et des bars en inventant par exemple de nouvelles bières pour essayer de satisfaire les clients après."

Quelles sont les préoccupations qui vous ont été remontées ?

 "La grande question que se pose les artisans, c'est celle qu'on se pose tous, à savoir quand on va pouvoir revivre normalement, c'est surtout ça la grande préoccupation. Ils souhaitent qu'on retrouve au plus vite la convivialité de la vie d'avant avec la réouverture des bars, des restaurants, des festivals. Une économie qui les fait vivre également pour certains."

Ces visites sont également l'occasion de renseigner les entreprises sur les différents dispositifs de soutien que met en place la Chambre, quelles sont ces aides ?

"On intervient sur plusieurs volets. On intervient notamment au niveau de leurs investissements. Par exemple, nous avons rendu visite à un serrurier à Marambat qui a bénéficié de la subvention "Pass Occitanie" octroyée par la région. Nous lui avons donné un coup de main pour monter le dossier et bénéficier de ces crédits. Grâce à cet apport financier, il a pu remplacer ces machines qui étaient à bout de souffle pour pouvoir continuer son travail en toute sécurité. On aide aussi les entreprises sur la question des déchets pour les aiguiller afin de savoir comment elles peuvent les déposer. On a également des challenges comme "écodéfis", où l'objectif est de faire faire des économies à l'artisan sur les rejets ou encore sur ses dépenses énergétiques."

E.R

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