Auch : une manifestation contre les violences sexistes ce matin


21 novembre 2020
A l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le café féministe organise ce matin à 10 heures un rassemblement en haute ville d'Auch. A l'heure où la France est toujours en confinement pour lutter contre la propagation du coronavirus, les violences faites -en grande majorité- aux femmes, ne fait que croître. Un véritable fléau qu'essaie de combattre Manon Cutillas, féministe de la première heure dans le Gers et membre du café féministe.
 
 
Vous allez manifester ce matin, de la cathédrale vers les marches du tribunal. Le but est de rassembler un maximum de personnes pour alerter sur ce fléau qui gangrène aussi le Gers ?
Le but est de vraiment sensibiliser, briser le silence, permettre aux femmes de s'exprimer et de leur montrer qu'il y a des partenaires sociaux pour les écouter.
 
Comment a évolué la situation dans le département ces dernières années ?
Nous n’avons pas de chiffres au jour le jour. Au café féministe, nous exerçons toutes dans des métiers sociaux et le bilan que nous pouvons dresser, c'est que nous sommes confrontées à des femmes qui se libèrent tout de même, qui libèrent leur parole, et viennent frapper aux portes des institutions.
 
Le point positif c'est justement qu'il y a une libération de la parole de la femme, mais aussi un soutien des hommes. Ils sont de plus en plus nombreux au sein des manifestations ?
Tout à fait. Au café féministe, nous avions décidé que nos réunions ne soient pas mixtes. Mais, nous avons pu au voir au fil du temps qu'il y avait de plus en plus de demandes de la part des hommes, de participer à nos réunions et à nos échanges. Cela fait du bien qu'ils se sentent concernés aussi, parce qu'ils le sont. Les violences en général ne sont pas qu'envers les femmes. Les hommes peuvent aussi être touchés.
 
Justement, on recense entre 17 et 20% de violences conjugales où l'homme est victime mais on en entend rarement parlé...
On le médiatise de plus en plus. Le but étant aussi de faire des actions pour que eux aussi aient accès à ces informations-là : oui, il y a des espaces de parole qui existent, et pas que pour les femmes. Même si cela touche beaucoup plus les femmes. Les hommes sont bienvenus pour toquer aux portes des institutions
 
Récemment, nous avons vu des banderoles aux environs de l'escalier monumental pour dénoncer les violences faites aux femmes. Commet lutter et alerter le public en dehors des manifestations ? C'est par ce type d'affichage ?
Oui, après les réseaux sociaux véhiculent également de plus en plus de messages. Davantage de politiques et d'élus s'emparent aussi du sujet. Peu importe le support du message, le but, c'est d’en parler !
 
La manifestation aura lieu à partir de 10 heures sur le parvis de la cathédrale. Comment va t-elle se dérouler ?
Joyeusement on espère ! Nous avons vraiment l'envie de créer une manifestation positive. C'était notre but de ne pas rester dans des choses négatives, mais plutôt un événement pour rappeler qu'il existe des institutions où la parole est libre. Nous le rappellerons notamment à travers le chant : il peut véhiculer aussi des messages. Et puis nous invitons les manifestants à porter un vêtement violet, couleur de mobilisation internationale.
 
Votre manifestation veut se passer dans une ambiance festive. Mais il existe également des revendications plus appuyées comme celles des Femen avec Inna Shevchenko. Vous vous situez comment par rapport à ces mouvements?
Notre but est de toucher un public le plus large possible, et notamment toutes les générations. Nous ne sommes pas un groupe activiste. Après, nous sommes toutes individuellement des personnes avec des opinions. Mais pour moi en tout cas, cela ne me correspondrait d'agir comme les Femen par exemple.
 
Contexte oblige, la préfecture vous autorise à manifester mais avec le respect des gestes barrières...
Et on souhaite le rappeler haut et fort ! Il faut respecter à tout prix le port du masque et la distanciation pour cette manifestation. Nous avons eu de la chance d'avoir eu cette autorisation de la préfecture. Nous allons partir du parvis de la cathédrale jusqu'aux marches du tribunal.
 
Propos recueillis par N.M
CP : Agora 32

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