Auch : un vent nouveau souffle sur le commissariat


19 février 2021
L'arrivée d'un nouveau commissaire à Auch semble insuffler un nouveau élan au commissariat de la commune. Les syndicats Unité-SGP Police et Alliance, représentés dans le Gers par Kévin Payet et Laurent Lussan, se réjouissent des nouveaux horaires et moyens octroyés. Dernière acquisition en date, un Peugeot 5008 qui ne passe pas inaperçu dans les rues d'Auch. Entretien.
 
 
Ce nouveau véhicule intrigue les Auscitains...
On a reçu ce nouveau véhicule qui fait partie de la loi "programmation" 2021, on ne pensait pas l'avoir mais au final c'est fait et on en est très heureux. Ça renvoie une belle image du commissariat et ça permet un certain rapprochement avec la population. Cette nouvelle sérigraphie donne le ton.
 
Au niveau des horaires, là aussi vous avez été entendus ?
Une réorganisation de cycle de travail a été mise en place à Auch avec l'application du 12h08 qui apporte plus d'effectifs sur la voie publique donc plus de présence et plus de lien police-population comme demandé par la hiérarchie. Le bien-être des fonctionnaires a aussi été pris en compte avec un week-end de repos sur deux. On pourra aussi faire plus de contrôle dans la lutte contre la délinquance avec désormais trois patrouilles par jour.
 
Vous parlez d'une volonté de recréer un lien avec la population. C'est le discours du commissaire ?
Il a voulu recréer ce lien police et population. A chaque réunion de brigade, il nous le répète. Il veut que le lien soit renforcé et trouve inadmissible qu'on ait pas cette approche avec les honnêtes citoyens.
 
C'est difficile avec ce qui s'est passé dans le mouvement des Gilets jaunes ?
Il ne faut pas le renier. Mais on a eu une hiérarchie auparavant qui ne s'intéressait pas à ce lien police-population. Aujourd'hui, le nouveau commissaire a un caractère humain et en quelques mois, on le mesure. A son arrivée, il a écrit à chaque commerçant de la rue Dessoles à son arrivée, un quartier où ils se sentent de plus en plus en insécurité. On a quelqu'un qui marque le pas et son territoire.
 
Vous parlez de violences aux personnes. En zone gendarmerie elles ont fortement augmenté l'an dernier, qu'en est-il pour la zone police ?
Elles ont été boostées par le confinement. L'être humain n'est pas fait pour vivre H24 ensemble mais là, on y a été contraints et ça peut créer des situations conflictuelles. On constate que les divorces ont augmenté suite aux confinements.
 
Il n'y a pas que le nouveau véhicule qui fait office de nouveauté. Vous attendez d'autres moyens dans le courant de l'année....
Le parc automobile était vieillissant. En 2021, l’État va changer un quart de sa flotte. En plus du 5008, on va être équipés d'un véhicule électrique Zoé. Pour l'équipement, on a des caméras-piétons, des gilets tactiques, des tasers et du matériel de protection lié au Covid. On a aussi l'informatique qui s’améliore et les téléphones NEO. Chaque fonctionnaire en aura un à terme.
 
Quel est le coût de tout cet investissement ?
Ça rentre dans le plan "programmation" où les budgets ont été largement revus à la hausse. 
 
Vous êtes dithyrambiques envers le commissaire et satisfaits des nouveaux moyens. C'est un discours que l'on entend rarement chez les syndicats...
Il faut aussi le dire quand ça va bien. Là, en terme de matériel, des risques psychosociaux, des doléances et autres, on est arrivé à un maxima auquel on avait jamais touché. Les relations avec l'ancienne directrice étaient difficiles et le dialogue presque rompu. On a changé la donne et ça se passe aussi très bien avec le corps préfectoral.
 
Le conseil municipal a débattu récemment de la vidéosurveillance qui devrait être mise en place dans la commune dans les prochains mois. Vous y êtes favorable ?
Nous on est pour, car ça permet de surveiller les va-et-vient des personnes mal intentionnées et permettre de résoudre des faits.
 
Une manifestation s'était tenue en amont du conseil pour dénoncer la vidéosurveillance faisant valoir l'aspect "voyeur" du dispositif. Que répondez-vous ?
C'est valable pour ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Les vols ou agressions ne sont pas résolus par manque de preuves, et ces faits auraient pu être caractérisés par la vidéosurveillance. Là, les victimes pourront mettre un auteur sur ces infractions, il faut comprendre qu'elle est là pour assurer la sécurité des citoyens. Les premiers détracteurs du dispositif sont ceux qui dénoncent les violences policières. La vidéo permettra de démontrer que l'immense majorité des contrôles se déroule très bien. 
N.M

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