À Auch comme Agen, la grogne monte dans les rangs de la police après les propos d’Emmanuel Macron sur le contrôle au faciès


11 décembre 2020

"Payés pour servir, pas pour mourir", le flyer distribué en début d'après-midi par plusieurs policiers du commissariat d'Auch à des passants du centre-ville, accompagné de la photo devenue virale d'un policier en feu, lors d'une récente manifestation à Paris. Une action symbolique qui s'inscrit dans le cadre d'un mouvement national de protestation mené par le syndicat policier Alliance afin de sensibiliser l'opinion "sur le mal-être de la profession". Ces derniers jours, la fièvre monte dans les rangs des forces de l'ordre qui s'estiment "stigmatisés" et cible de plus en plus de violences au quotidien lors de leurs interventions. Les récents propos du président de la République, Emmanuel Macron, sur les contrôles aux faciès ont fait déborder une marmite professionnelle déjà au bord de l'implosion. "Nous avons choisi l'action au lieu de la soumission. Les policiers en ont assez d'être accusés de tous les maux de la société. Non la police n'est pas raciste, il n'y a pas non plus de contrôle au faciès. On ne choisit pas nos interventions, quand on est appelés pour une opération tout est très encadré", témoigne Laurent Lussan, secrétaire départemental du Gers pour le syndicat Alliance.

 

La colère des policiers s'est également fait entendre du côté d'Agen avec des "contrôles routiers de courtoisie"

Un ras-le-bol exprimé également du côté d'Agen. Le syndicat Alliance a organisé ce vendredi en fin d'après-midi en pleine heure de pointe une opération « contrôle routier » simultanément aux ponts de Pierre et de Beauregard. « Le positionnement du président a du mal à passer dans nos rangs, parce qu'il fait l'amalgame au sujet de certaines missions qui se sont mal déroulées. Nous ne pouvons pas accepter qu'il y ait une généralisation. Non, la police n'est pas raciste ! Non, la police n'est pas violente ! Le policier reste au service de la population. Il n'est pas là pour l'embêter", souligne Jean-Philippe Brunet, le secrétaire départemental d'Alliance dans le Lot-et-Garonne.

Les policiers dénoncent une augmentation des violences à leur encontre

Comme à Auch, la police agenaise constate ces derniers temps une augmentation des violences à leur encontre. « Nous faisons face à une délinquance de plus en plus marquée. Elle use énormément de violence gratuite envers nous, et elle ne se retient plus. On ne compte plus le nombre de collègues qui sont malheureusement blessés dans le cadre de leurs missions de police. Nous, nous devons répondre à cette violence. Et interpeller dans ces missions-là, cela devient compliqué. Les policiers ont le désir de pouvoir exercer leur mission sereinement, sans que nécessairement, on remette en cause à tout moment leurs faits et leurs gestes. » Les policiers agenais comptent de nouveau se faire entendre lundi avec une nouvelle opération de contrôle routier.

E.R avec F.P

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