10 classes fermées, 10 ouvertures, à la rentrée dans le 1er degré dans le Gers, une "carte très favorable" pour le département, selon le Dasen


20 février 2021

Parents d'élèves, élus locaux, enseignants, ils sont enfin fixés sur la rentrée prochaine dans le Gers pour le 1er degré. Après des semaines de mobilisation et de tractation en raison de projets de fermeture de classe, la carte scolaire a été officiellement présentée hier après-midi par le Dasen du Gers, Farid Djemmal, en marge du Conseil départemental de l'Éducation nationale, qui se tenait au Lycée Pardailhan à Auch. Si elle a été légèrement remaniée par rapport à la semaine dernière, la carte scolaire définitive ne satisfait pas toujours pas certains syndicats enseignants ni les élus de la majorité départementale qui ont voté symboliquement contre, hier après-midi. Le Directeur Académique des Services de l'Education Nationale (DASEN), Farid Djemmal, se défend. Il tient à souligner que malgré une forte baisse d'élèves à la rentrée prochaine, le département ne perd aucun poste d'enseignant à la rentrée et améliore ainsi significativement le taux d'encadrement. Entretien. 

Quels sont les enseignements à tirer de cette carte scolaire pour la rentrée prochaine ? 

Farid Djemmal, Dasen du Gers. « Je souhaite, tout d'abord, saluer la qualité du dialogue et des échanges. J’ai pu observer la volonté de tous de préserver l'intérêt collectif et le bien commun pour cette prochaine rentrée que j'ai indiquée comme très favorable au département du Gers. Pour une simple et bonne raison que depuis 2016 et 2021, nous aurons perdu près de 1100 élèves. À la rentrée prochaine, nous allons perdre à nouveau 300 élèves. Malgré, cette forte baisse, le département du Gers ne perd aucun poste. C'est donc une carte positive que j'ai présentée. Et je pense que les objectifs que j'ai annoncés, c'est-à-dire accompagner la ruralité, poursuivre le développement de l'école inclusive, améliorer l'efficacité du remplacement, ont été entendus. » 

Pas de suppression de poste, mais des fermetures de classes dans certaines écoles du département ? 

"Chaque année, il est nécessaire de réguler les situations dans les différents départements puisque des déséquilibres se créent de par les baisses démographiques qui ne sont pas homogènes. Dans le Gers, elle concerne l'ensemble du département. Nous avons un objectif : celui de préserver la ruralité. Cela s’est traduit par une approche concrète. Nous avons laissé une chance aux RPI avec aucune fermeture. Nous avons également laissé du temps aux petites structures parce qu'elles étaient fortement impactées par la baisse démographique. Nous avons donc pris la décision de ne fermer aucune école à deux classes. Au final, nous avons proposé 10 ouvertures et 10 fermetures pour trouver cet équilibre nécessaire au département, avec la volonté de protéger la ruralité, renforcer le développement de l'école inclusive et également améliorer le remplacement."

Vous avez décidé de sauver presque à la dernière minute l'école Marie Sklodowska-Curie du quartier du Garros à Auch, dont une classe était menacée de fermeture, quelles sont les raisons de ce choix ? 

« Nous avons suivi l'orientation et les nouvelles informations dont j'ai pu disposer en rencontrant les parents et la mairie d'Auch tout récemment. La mairie d'Auch, souhaite consolider cette école en la faisant monter peut-être en effectif, parce qu'il y a un projet de restructuration du quartier du Garros qui vise une mixité forte avec une école forte. Il y a donc une vraie volonté de développer cette école, de monter en nombre d'élèves et donc de classes. Ce que m'a proposé la mairie d'Auch, c'est d'équilibrer les choses avec l'école Jean-Jaures, se situant à proximité. La volonté c'est dans un premier temps de faire en sorte que tous les élèves qui souhaitent aller dans cette école (NDLR, Marie Curie) puissent y aller ou y retourner. Donc, il y aura un équilibre entre Jean-Jaures et Marie Curie à la rentrée prochaine. Et de ce fait, la fermeture qui était prononcée n'aura pas lieu. »

Des fermetures, mais également des ouvertures, avec notamment la volonté de développer l'école inclusive... 

« Nous ouvrons sur Cazaubon une classe en élémentaire. Nous créons également une classe ULIS à Auch à l’école Jean-Jaures pour accueillir des élèves en situation de handicap. Des notifications nous montrent qu’il y a un réel besoin sur le secteur. Sur Eauze, c’est une classe pour les élèves allophones qui est créée. Nous allons aller de plus en plus vers de l’inclusion, une inclusion de qualité puisque nous nous donnons les moyens de bien accueillir ces élèves. Nous allons aussi commencer à amorcer le développement de la mise en place d’unité d’enseignement externalisé, c’est-à-dire que les enfants qui sont en établissement spécialisé vont gagner du temps de scolarisation sur une école et parfois du temps d’inclusion dans des classes ordinaires et pas dans un établissement. Il y a une vraie dynamique qui se met en marche. Je l’ai dit lors du CDEN, il faut faire de la différence une force et qu’on soit en mesure d’accueillir tous les élèves dans l’école de la république."

Quid du second degré où subsistent également des inquiétudes pour la rentrée prochaine ? 

« Aujourd'hui, lors de ce CDEN, on était vraiment concentré sur la préparation de la carte pour le 1er degré. Je l'ai rappelé à l'instance, il faut essayer de respecter les calendriers qui ne sont pas les mêmes. Pour le 1er degré, les décisions sont désormais valables pour la rentrée prochaine, on est prêt. Pour le second degré, il y a plusieurs temps et il faut les respecter. Dans un premier temps, en janvier, on annonce les dotations globales pour les établissements. Ces dotations s'appuient essentiellement sur le nombre d'élèves qui est attendu et des prévisions du nombre de classes. Ensuite, on continue ce travail, puisqu'il faut construire les emplois du temps, organiser les différents postes. Ce travail va se dérouler en mars pour le second degré. Concernant les inquiétudes que vous évoquez sur le second degré, des solutions ont déjà trouvé pour répondre aux interrogations que se posent certains élus, organisations ou parfois certains parents. J’ai rencontré ces dernières semaines, de nombreux parents, de nombreuse délégations d’enseignants. Je vais continuer à le faire, car la préparation de la carte scolaire du second degré c’est beaucoup plus long et ça nécessite encore des échanges jusqu’en juin. »

2021.02.19 - Communiqué de presse - Mesures de carte scolaire à la rentrée 2021-2_page-0001.jpg (732 KB)

E.R

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